Ne pas tondre durant tout le mois de mai, c'est le conseil donné par les environnementalistes pour préserver la biodiversité. Le conseil est appliqué à Beauraing, notamment sur le Domaine du Castel.
Sur le castel de Beauraing, ce parc communal de quelque 60 hectares, quelques zones seulement ont été tondues, histoire de laisser la chance à la biodiversité. A côté du degré zéro de la biodiversité, comme sur une petite aire de pique-nique, qui vient d'être tondue, il reste de vastes étendues qui ne demandent qu'à s'épanouir. Après les expériences concluantes des années précédentes, la commune de Beauraig réitère l'opération lancée par le Vif "En mai, tonte à l'arrêt", explique Marc Lejeune, bourgmestre :
Ne pas tondre certaines parcelles, ça a tout son sens. Il y a plusieurs raisons. D'abord, on constate tous le déclin de plusieurs espèces quand on parle des oiseaux, des abeilles, des insectes, même certaines plantes. Donc on doit vraiment faire quelque chose pour cela.
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Les écosystèmes aussi sont en danger
L'opération, qui est coachée par les équipes des facultés Agri-Bio tech de Gembloux, se déroule sur le mois de mai. Les chercheurs des facultés précisent aussi que les écosystèmes sont en danger. C'est le cas de Lucie Rivière qui est doctorante à Agro-Bio Tech Gembloux dans le département biodiversité-paysage :
Le printemps, c'est plein de chants d'oiseaux et ça, c'est aussi quelque chose qui est important. Les oiseaux dépendent très fort du développement des insectes pour se nourrir. Donc, si on a plus de fleurs, on a plus d'insectes, on a plus d'oiseaux et, au final, c'est toute la chaîne qui s'écroule. C'est pour cela que faire des petites actions, chacun localement, peut vraiment aider à soutenir la chaîne de la biodiversité.
Les mauvaises herbes, ça n'existe pas
La préservation de la biodiversité et des écosystèmes, c'est la motivation première de la commune de Beauraing. Elle espère aussi entraîner un maximum de personnes ou d'entreprises dans ce sillage. La deuxième explication, c'est que c'est l'occasion de faire un peu de pédagogie :
On peut se poser la question de savoir ce qu'est une mauvaise plante. On parle des mauvaises herbes, mais les mauvaises herbes n'existent pas. Elles ont toujours une raison d'être et, parfois, elles sauvent la vie d'un papillon qui se développe sur cette espèce-là.
Finalement, on doit adapter l'entretien qu'on fait des espaces à l'usage qu'on en fait. On va tondre les endroits où les enfants viennent jouer, où on fait du pique-nique et puis ailleurs, on pourra se promener au milieu des fleurs et des animaux.
On peut mener l'action jusqu'à la fin de l'été
L'opération se déroule sur tout le mois de mai, mais rien n'empêche de la poursuivre les mois suivants, comme le précise Lucie Rivière :
Il est très intéressant de continuer l'action pendant tout l'été parce qu'il y a d'autres fleurs qui vont arriver, plus tard dans l'année. Il y a d'autres pollinisateurs qui arrivent pendant l'été. Donc, ces pollinisateurs peuvent aussi être soutenus par l'action plus tard dans la saison, quand toutes les espèces ont fleuri, puis fructifié et fait leurs graines. Toutes ces espèces ont fini leur cycle entier de reproduction. Alors, on peut couper tout ce qui reste.
Enfin, et ce n'est pas négligeable pour la commune de Beauraing, la superficie du Castel est maintenant de près de 60 hectares. Alors, laisser une bonne partie de cette surface non-tondue, c'est économiser de la main d'œuvre et de l'énergie aux deux hommes qui entretiennent le parc.
Si le belge a une tondeuse dans le ventre, à côté de la brique, c'est le moment de reconsidérer les choses et de porter un regard neuf sur la nature et sa richesse biologique et paysagère.