Analyse

Politique à Gedinne : la minorité se sent écoutée (en tout cas plus qu’avant)

publié le:01/02/2022 05:55:00 - mis à jour: 01/02/2022 17:20:33

La politique façon bloc contre bloc a-t-elle vécu à Gedinne ? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Mais la minorité fait une opposition qu’elle veut constructive et la majorité commence à écouter (un peu).

En 2015, lors du bilan à mi-mandat de la précédente législature, un point était revenu dans le débat : à Gedinne, le bourgmestre était un « tiestu », un têtu qui n'écoutait pas l'avis des autres.

Vincent Massinon n'avait pas apprécié la charge. Mais apparemment il en a tenu compte ! Les signes d'une ouverture sont bien là, une ouverture plus que modérée certes (Gedinne est dans le bas de classement des communes transparentes), mais tangible.

Benoît Lefebvre, conseiller communal de la minorité (liste « Aux12GEDIoui »), relève ainsi :

Je dois dire qu'au niveau des conseils, ce n'est pas toujours facile de dialoguer avec la majorité en place, et avec le bourgmestre. Il est têtu, c'est difficile de faire bouger les lignes. Mais il peut changer d'avis : sur le projet de rénover la maison communale, il s'est rendu compte que ce n'était pas une bonne idée et il a rejoint la minorité sur le projet de déménagement. On est invité à échanger dans des commissions avec les échevins, et puis le bourgmestre a proposé que je sois administrateur de la régie communale autonome, ce que j'ai perçu comme un geste d'ouverture. Notre proposition de rejoindre "l'alliance pour la consigne des canettes" a été votée par la majorité. On fait une opposition constructive, M.Grandjean et moi-même avons un bon bagage technique : on émet des avis qui sont pris en compte.

Le chef de file Ecolo & MC, Quentin Jacques, relève aussi de timides signes d'ouverture :

Lors du Covid, la commune de Gedinne ne s'est pas précipitée pour faire vivre la démocratie représentative : les élus ont été bien tenus à l'écart de la gestion de la crise du Covid. Mais, alors que le ministre Henri était sur le point de refuser l'extension du zoning, je me souviens d'une discussion sur un coin de table dans la cuisine du bourgmestre où j'ai réussi à le convaincre de modifier le dossier pour qu'il soit accepté. En général néanmoins, la minorité est perçue comme critique, c'est difficile de ne pas l'être quand on voit comme c'est géré, mais on veut rester constructif.

Le bourgmestre Vincent Massinon (Gedinne2018) est plus catégorique encore sur sa capacité d'écoute :

La discussion politique est très calme, on discute entre nous, mais on discute de manière très cordiale, très positive, on écoute la minorité même si évidemment on ne sait pas en tenir compte à chaque fois. Je peux entendre la demande de la minorité de participer à plus de commissions mais il y a quand même des projets qu'on doit défricher d'abord en majorité, je pense par exemple au dossier du Lycée sur lequel on doit d'abord quelques idées de montants des travaux avant d'en discuter tous ensemble.

Manque d'entretien des voiries et bâtiments

 

Cette amorce de dialogue n'empêche pas, évidemment, un point de vue critique de la part de la minorité. Benoît Lefebvre, par exemple, souligne le manque d'entretien de voiries et de bâtiments communaux, un point également soulevé par les membres du groupe Facebook Gedinnoises, Gedinnois :

Cela fait plusieurs années que Vincent Massinon est en place : il est à la hauteur mais il y a des lacunes comme l'entretien de certains batiments ou de certaines voiries ou caniveaux. Un citoyen a dû curer l'avaloir devant chez lui encore récemment. La commune a beaucoup de bâtiments, beaucoup de salles de fêtes, mais l'entretien ne suit pas. C'est particulièrement criant pour le village de vacances de Vencimont, que la commune a dû finir par revendre, incapable de l'entretenir.

Vincent Massinon en convient mais annonce une bonne nouvelle à ce propos :

Il y a une vingtaine d'ouvriers communaux qui entretiennent. Nous avons la chance d'avoir des batiments communaux au moins dans chaque village, ce qui n'est pas le cas dans les autres communes avoisinantes, mais avoir 12 salles de fêtes à entretenir, et 5 implantations communales, cela se fait parfois au détriment de filets d'eau et d'avaloirs. On va lancer un cahier des charges pour faire appel au privé pendant les trois ou quatre mois de printemps pour faire face à l'entretien, de la même manière qu'on le fait pour le déneigement.

Une vision à long terme

 

Pour Ecolo & MC, Quentin Jacques se montre plus incisif quand il s'agit d'évaluer la politique du Collège :

La majorité a du mal à se projeter au-delà d'une année civile, au moins sur plusieurs années de suite. C'est quelque chose qu'on critique depuis 12 ans, et ça reste un gros problème. Cela a de multiples conséquences. Sur la gestion financière : peu de leçons sont tirées et on découvrira l'impact à long terme de l'acquisition patrimoniale du lycée de la gare, de la création du bassin didactique. Il n'y a pas de vision, jamais la commune n'a fait appel à un urbaniste pour donner une cohérence à ses projets. Même en matière économique, on voudrait une commune plus proactive. Massinon dit : « laissons faire le privé » mais d'autres communes ont un guichet qui accueille des entrepreneurs, aident à trouver les relais, les infos, les éventuels subsides. L'été dernier, 4 entrepreneurs gedinnois sont partis à Bièvre ; c'est terrible.

Vincent Massinon, pour sa part, réfute un éventuel « manque de vision » :

On a deux halls des sports « full de chez full » alors qu'on ricanait à l'époque sur les bancs de l'opposition sur leur utilité et on va avoir tout prochainement un bassin didactique imaginé dans une optique de long terme, qui sera d'abord ouvert aux écoles, ensuite aux particuliers. Autre gros dossier qui répond à du long terme : la rénovation de l'école de Patigny va être terminée d'ici quelques mois. Autre dossier : l'agrandissement des Arpents Verts est en train se terminer, on est parti de zéro face à des grands sourires de la minorité et là aussi c'est « full de chez full » et ça représente 3 ou 4 emplois communaux directs et des emplois indirects (repas, …)

Actuellement à la tête d'une confortable majorité absolue de 9 sièges sur 15, Vincent Massinon a encore trois ans pour confirmer son ébauche d'ouverture vers les élus du conseil communal.

 

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