Les plaidoiries des parties civiles ont commencé ce vendredi devant la cour d'assises de Namur. Pour Corentin Moreau, un des avocats de la famille Humblet, Olivier Baudoin est un homme à deux faces.
Il est revenu à Me Corentin Moreau la tâche d'ouvrir les plaidoiries ce vendredi matin au nom de la famille Humblet. Il a dressé de l'accusé Olivier Baudoin le portrait d'un homme "qui cherche soigneusement à garder à préserver son image lisse". Mais le bon exploitant agricole, le bon père, ce n'est qu'une partie du personnage: "Le gentil fermier, c'est son côté pile. Je vais vous emmener dans l'envers du décor" a-t-il affirmé en rappelant que l'accusé est allé jusqu'à fréquenter quatre prostituées simultanément. Un homme qui reconnaît le meurtre de son épouse, mais n'a jamais exprimé le moindre regret:
"Qui est Isabelle Humblet, pour lui? Personne. Un mauvais souvenir à oublier. Il est persuadé au fond de lui qu'il a bien fait de la tuer."
Pour la partie civile, le projet de meurtre est né le 21 octobre 2013.
" Cela coïncide avec le jour où sa maîtresse Magali T. sort de cure et c'est aussi le jour où il envoie des photos de sex-toys à sa sœur en lui faisant croire que sa femme les lui avait cachés, et que cela trahissait son infidélité.
Qui peut croire que le meilleur endroit où Isabelle Humblet aurait caché la preuve de son infidélité est l'armoire de leur propre chambre? Qui peut croire qu'Isabelle Humblet a fait des achats secrets sur l'ordinateur familial, en montrant le site à son mari, et en sauvegardant le site sur ses favoris? Pourquoi aurait-elle fait livrer ses achats secrets à la ferme où n'importe qui aurait pu les réceptionner? Et les SMS reçus il y a des années par Isabelle Humblet et qui auraient mis la puce à l'oreille de son mari? C'est elle qui les lui a montrés en affirmant qu'elle ne savait pas qui les lui envoyait!"
La reconstitution des faits selon Me Preumont
Me Marc Preumont, qui représente aussi la famille, s'est montré impitoyable en reconstituant les faits de la nuit du meurtre:
"La nuit du meurtre, l'accusé se serait relevé pendant la nuit, choqué par une conversation avec sa femme, il va dans l'étable, envisage de se pendre, puis se ravise. Et tout à coup sa femme surgit et lui jette "Je te quitte, je prends notre fille et la moitié de la ferme". Comme ça, d'un coup, une seule phrase et à ces mots, il l'étrangle avec une corde qui est providentiellement apparue à ses côtés. Une corde qui a disparu, tout comme la boîte de médicaments avec laquelle il a tenté de l'endormir. C'est purement et simplement invraisemblable."
Me Marc Preumont livre une autre version des faits:
"Isabelle s'est levée comme d'habitude à 5h du matin en ayant dormi normalement, sans qu'il y ait eu de discussion nocturne avec son mari. Elle découvre que son mari n'est pas au lit et très naturellement part à sa recherche dans l'étable. Et là, il guette sa proie, elle prise à la gorge par derrière, voilà pourquoi elle n'a fait aucun geste. Et là, sans perdre le nord, une fois la victime morte, il fait sa mise en scène de suicide. La folle colère, puis la mise en scène: non, ce n'es pas vraisemblable. Et non seulement, il l'étrangle avec une force inouïe au point de lui lacérer le larynx, mais en plus il la projette avec une brutalité incroyable contre l'échelle, au point d'occasionner une fracture du crâne. Pourquoi? Parce qu'il la hait."
Me Preumont a conclu:
"Après le meurtre, l'accusé a joué la comédie du veuf éploré, cela donne froid dans le dos. Le temps est venu de rendre des comptes à la vérité, le temps est venu de dire que vous êtes non seulement un meurtrier mais un assassin qui a prémédité son crime."
Les plaidoiries se poursuivent ce vendredi après-midi.