« Quand je pêche, c'est comme si je me sentais un homme  »

publié le:09/04/2014 13:32:54 - mis à jour: 09/04/2014 17:32:11

« Quand je pêche, c'est comme si je me sentais un homme  »
« Quand je pêche, c'est comme si je me sentais un homme  »

Benoît Capouet est plutôt du genre bien élevé, souriant, sociable et cultivé. Dès qu'il peut, il s'adonne à ses passions comme la nature ou la pêche. Pourtant, à 44 ans, il use toujours ses fonds de culotte sur les bancs de l'école pour apprendre à écrire encore et encore. Benoît est adulte mais différent.

« Quand je viens à la pêche, c'est comme si je me sentais un homme dans la vie », reconnaît du haut de ses 44 ans, Benoît, fier de la truite arc-en-ciel  pêchée, au bord de l' étang de Lomprez.  Passionné par ce sport « pour les jeunes et pour les grands »,  Benoît se projette non sans  inquiétude dans l'avenir : « Ce qui va être plus difficile, c'est quand Michel, mon beau-père et maman ne seront plus là.  Pour venir à la pêche ici, je devrai acheter une voiture... ». Benoît dit ce qu'il pense, sans détour. Son cerveau ne raisonne pas tout à fait de la même manière que celui de la plupart des adultes. Du coup, Benoît retourne sur les bancs de l'école.

Apprendre à écrire... encore et encore

La classe est tenue par une enseignante de l'asbl lire et écrire et par deux bénévoles.  Benoît participe au cours d'alphabétisation trois matinées par semaine, en compagnie d'une dizaine d'autres apprenants.  L'école rythme ainsi à nouveau sa vie après avoir travaillé 10 ans comme ouvrier dans un atelier protégé. Benoît sait déjà lire mais c'est écrire qui lui pose le plus de difficultés. Quant à la parole, il l'a plutôt facile et reconnaît bien volontiers avoir parfois du mal... à se taire en classe. Ce jour-là, Benoît est aux anges. Il donne devant la classe un  exposé sur le brochet, un exposé préparé minutieusement avec sa maman et Michel. Benoît s'exprime avec une  bonne diction et est plutôt du genre cultivé et sportif.  Il a une vie sociale, aime les livres, s'intéresse à l'histoire, à la nature et au football. On sent que malgré son parcours difficile, Benoît a toujours été « tiré vers le haut ». « Je suis content parce que j'ai une gentille maman », avoue-t-il, les yeux  pétillants.
 

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