Une rave illégale a rassemblé 3.000 personnes à Sugny ce week-end. Peu de dégâts, mais des évacuations médicales et des enquêtes sont en cours. Le site sera sécurisé.
Le petit village de Sugny, situé dans la commune de Vresse-sur-Semois, a connu un week-end mouvementé. Vendredi soir, plusieurs milliers de personnes se sont donné rendez-vous sur le site de l'ancienne base de l'OTAN pour une rave party de grande ampleur. Les participants ont occupé les lieux jusqu'à dimanche.
Peu de traces visibles sur le site
Ce lundi matin, notre équipe a pu accéder au site de l'ancienne base de l'OTAN avant sa fermeture définitive par les autorités communales. Sur place, les traces laissées par les quelque 3 000 fêtards étaient limitées. On observe quelques amas de sacs-poubelle, manifestement remplis par les participants eux-mêmes, ainsi que des signes d'occupation dans certains bunkers comme une tente installée. Une voiture a également été abandonnée sur place. Globalement, le terrain de 130 hectares semble avoir été respecté par les raveurs, et le site ne présente que peu de dégradations apparentes.
Un week-end de fête… jusqu'à dimanche soir
La fête, qualifiée de teknival, a attiré des participants venus de Belgique, de France et des Pays-Bas. Ils sont arrivés en nombre durant la nuit de vendredi à samedi. Malgré les barrages policiers mis en place, de nombreux festivaliers ont tout de même atteint le site à pied. Ne disposant pas des moyens nécessaires pour stopper l'événement, les autorités ont réussi à négocier un départ progressif dès dimanche matin. Le bourgmestre de Vresse-sur-Semois, Arnaud Allard, explique :
L'évacuation s'est relativement bien passée. Donc dès 12 h, la musique a été stoppée et on a vraiment vu un afflux de fêtards quittant les lieux. Ça s'est tout de même terminé hier vers 21 h, parce qu'évidemment, il y a eu quelques petits soucis sur la fin. Des personnes ont dû être évacuées, car on les a retrouvées quand même dans des états de santé assez compliqués. D'autres étaient tout simplement manquantes, donc des personnes qui avaient disparu, qu'on a finalement retrouvées.
Une dizaine d'évacuations médicales et des enquêtes ouvertes
Durant le week-end, une dizaine de personnes ont dû être évacuées pour recevoir des soins. Sur le plan judiciaire, la situation est prise au sérieux. Pour rappel, cette fête était illégale. Présente sur place samedi soir, notre collègue Elisa Siderius a constaté de la consommation et de la vente de stupéfiants. La police a procédé à de nombreux contrôles. Du matériel de sonorisation et d'autres équipements auraient été saisis. Plusieurs enquêtes sont en cours, mais les autorités restent discrètes pour le moment.
Une répétition à craindre ?
Peut-on craindre une nouvelle rave party sur le même site ? La question se pose. Il est difficile d'exclure la possibilité d'un nouvel événement à Sugny, mais la commune affirme mettre tout en œuvre pour dissuader les fêtards, comme le souligne Arnaud Allard :
La plupart sont rentrés dans les bunkers en fait pour y faire la fête. Il est évident que dès ce matin, tous les bunkers seront fermés. Donc je pense que le lieu aura beaucoup moins d'intérêt parce que les rues sont assez étroites et il y a très peu de recul, donc ce n'est vraiment pas propice aux rassemblements de grand nombre de personnes.
Les routes, fermées ce week-end pour limiter l'accès au site, ont été rouvertes. Les derniers véhicules mal stationnés seront rapidement enlevés. Le reste du nettoyage sera pris en charge par les ouvriers communaux. Ce lundi matin, les habitants de Sugny reprenaient peu à peu le cours normal de leur vie.