À Mouzaive (Vresse-sur-Semois), la passerelle qui permet aux piétons et cyclistes de franchir la Semois est en pleine rénovation. Il s'agit d'un premier chantier d’envergure pour cet ouvrage construit en 1928.
La passerelle de Mouzaive aura tenu près d'un siècle avant de subir, pour la première fois, d'importants travaux de rénovation. L'ouvrage d'art permet aux marcheurs et aux cyclistes de traverser la Semois. Et autant dire que la rivière, qui fait le charme de la région, ne ménage pas la structure depuis sa construction, en 1928. Arnaud Allard, bourgmestre de Vresse-sur-Semois :
Elle montrait vraiment de grands signes de faiblesse, surtout en dessous du tablier. On voyait vraiment le ferraillage qui commençait à être visible avec l'érosion. On avait aussi de l'érosion au niveau des pilastres. Grâce à des subsides qui étaient encore disponibles, on a pu profiter d'une enveloppe qui couvre aujourd'hui 80 % des 560.000 euros dépensés. On a sauté sur l'occasion et, en quelques mois seulement, on a pu développer le projet pour commencer les travaux rapidement.
Rénovation en profondeur
Cette passerelle, construite en béton armé et reposant sur des piliers en pierres maçonnées, va subir une rénovation en profondeur afin de renforcer sa structure. Elle sera également davantage sécurisée pour les marcheurs et les cyclistes qui l'empruntent, avec la pose de garde-corps plus hauts. Hugues Deblir, responsable des ouvrages d'art au sein de l'entreprise chargée des travaux :
C'est vraiment l'ensemble de l'ouvrage qui est rénové, des garde-corps en passant par le tablier, les arches et les pilastres. Donc, les arches actuelles font vingt centimètres de large. On va les élargir de vingt centimètres en rénovant le ferraillage et en réparant le béton. On va enlever le béton qui est actuellement sur le tablier et refaire un tout nouveau tablier pour pérenniser l'ouvrage dans le temps.

Travaillons tant que la Semois est basse...
Revers de la médaille : ce chantier doit être réalisé en pleine saison touristique, une période durant laquelle la passerelle est très fréquentée. Mais il s'agit aussi d'un moment stratégique, puisque la Semois est au plus bas. Arnaud Allard :
Pour faciliter le travail avec un niveau de la Semois assez bas et pour préserver également la faune et la flore aquatiques, on nous demandait de commencer dès le mois d'août et ici. On a eu, grâce à l'entrepreneur, une possibilité de commencer un petit peu avant. On a profité de cette opportunité pour essayer de terminer les travaux dans les temps et de ne pas être embêtés avec la montée des eaux dès l'automne.
La sécheresse actuelle fait donc plutôt les affaires de l'équipe sur place pour le début du chantier. Un batardeau dévie le cours d'eau dans un petit couloir afin de laisser une partie de l'ouvrage presque au sec. Mais avec la Semois, le débit d'un jour n'est pas forcément celui du lendemain : il ne faut donc pas traîner. Hugues Deblir :
Tant que la Semois est assez basse, on fait tout ce qui est dans l'eau le plus vite possible. Donc, on est en train de faire les quatre piles e, recoulant des massifs à béton. Et puis, après, on va installer l'échafaudage qui nous permettra de travailler, même si le niveau de la Semois venait à monter avec les intempéries ou quoi que ce soit. Pour nous, c'est la période idéale parce que la Semois est vraiment basse. Maintenant, ça peut très vite changer : il suffit de trois orages et on ne sait plus rien faire. Donc, on doit vraiment se dépêcher pour le moment et être sortis de là le plus vite possible.
Les travaux ont débuté au début du mois d'août et devraient encore durer deux bons mois. La passerelle, qui constitue un point de traversée permanent de la Semois pour la mobilité douce, restera fermée pendant toute la durée du chantier.