Santé et vieillissement : la Région doit se retrousser les manches
publié le:19/05/2014 15:31:49 - mis à jour: 19/05/2014 16:22:18
Environ 20 milliards, c'est le montant alloué par l'Etat fédéral aux Régions et aux Communautés pour faire face aux nouvelles compétences qui leurs sont transférées dans le cadre de la 6ème réforme de l'Etat. Un peu plus de 4 milliards sont destinés au secteur de la secteur de la santé. Une grosse partie concerne la politique de la personne âgées.
Au lendemain du scrutin, la Région wallonne aura de nouvelles compétences à gérer dans le domaine de la santé comme tout ce qui touche aux investissements des hôpitaux, à la santé mentale, à l'aide aux personnes handicapées, aux cercles de médecins mais aussi et surtout à la politique de la personne âgée. Dans les années à venir, la population des plus de 80 ans va exploser. Il faut donc agir sans perdre de temps.

Michel Barbeaux, expert dans le domaine de la santé, explique : "Pendant 10 ans, la Région wallonne et la Communauté française vont continuer à recevoir les crédits du Fédéral qui correspondaient à ce que la sécurité sociale dépensait dans la Région précedemment. Au bout de 10 ans, ce montant compensatoire va diminuer et dans 20 ans, la Région va devoir se financer avec les recettes de ses propres contribuables. Or aujourd'hui, le rendement moyen de l'impôt des personnes physiques est de 12% en dessous de la moyenne nationale ce qui signifie une forte diminution de nos crédits si on devait se financer nous-mêmes, c'est le résultat de la crise économique"
Et si la Wallonie échoue?
Si demain, la Wallonie ne parvient pas à augmenter ses propres recettes, quelles seront les conséquences pour le citoyen ? "Le risque ? C'est une moindre couverture de tous nos besoins. C'est le secteur privé qui devra répondre à ces besoins mais à des prix parfois prohibitifs pour des personnes qui ont une faible pension. Il suffit de prendre l'exemple des Etats-Unis où la santé dépend essentiellement du secteur privé et où il y a des inégalités flagrantes.", conclut Michel Barbeaux. Le nouveau gouvernement n'aura pas droit à l'erreur.