Justice

Sous-financement de la justice : le parquet de Namur frappe au portefeuille de l’État

publié le:20/05/2025 12:14:00 - mis à jour: 21/05/2025 11:36:32

Photo : Belga

Le parquet de Namur veut alerter le politique sur le manque de financement du pouvoir judiciaire. Pour se faire entendre, il prend trois mesures qui pourraient coûter cher aux finances publiques.

Frapper là où ça fait mal. Au portefeuille. Le parquet de Namur a choisi de dénoncer le manque structurel de financement du pouvoir judiciaire en prenant trois mesures, appliquées graduellement, qui frappent directement les caisses de l'État. Etienne Gaublomme, le Procureur du Roi de Namur, explique ce choix : 

 

On est au service du citoyen donc on ne voulait pas manifester avec des reports d'audience qui impacteraient les citoyens. On a choisi des mesures qui ne font plus entrer d'argent dans les caisses de l'État. On veut une justice de qualité, plus rapide et plus efficace. Cela n'avait pas de sens de prendre les citoyens en otage avec des reports d'audience. 

Le parquet de Namur a donc pris trois mesures, qui seront appliquées graduellement pour laisser la place à la négociation. La première qui est appliquée dès aujourd'hui, concerne le report de la mise à exécution des peines de confiscations et des amendes pénales. Sur une année, cela représenterait un trou de 40 millions d'euros pour les finances publiques.

 

Dans un deuxième temps, si la situation n'évolue pas, le parquet supprimera la tolérance zéro sur les radars dans la province de Namur. Enfin, dernière mesure qui sera appliquée : la suspension des amendes administratives communales et régionales. L'impact financier de ces deux mesures n'a pas été évalué par le parquet. 

 

Le refinancement de la justice au cœur des revendications

 

Le parquet de Namur, comme l'ensemble des services judiciaires, dénonce depuis plusieurs semaines les réformes récentes et à venir prises par le gouvernement fédéral. Etienne Gaublomme détaille :

 

Le but est de sensibiliser le citoyen et surtout le monde politique. Le sous-financement de la justice porte atteinte à l'indépendance de la justice mais aussi à la sécurité des citoyens. Il s'agit d'un véritable enjeu démocratique. 

Les magistrats s'inquiètent également de l'attractivité de leur profession. 

 

Il y a le problème des pensions, mais pas seulement. Le cadre n'est pas rempli, le cadre de fonctionnement est inadapté, le budget de fonctionnement est inadapté. Tout cela rend la profession de moins en moins attractive pour les jeunes. 

Ce mercredi 21 mai, à 9 heures, l'ensemble des services judiciaires namurois manifesteront devant le palais de justice de Namur pour protester « contre la situation alarmante de notre système judiciaire ».

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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