Polémique

Terrain de remblaiement à Ciney : des habitants s’inquiètent pour la tranquillité

publié le:08/12/2025 12:05:00 - mis à jour: 09/12/2025 16:11:11

Le projet situé à Conneux suscite de vives réactions. Une vingtaine de citoyens s’y opposent, redoutant des impacts environnementaux mais aussi une augmentation du trafic dans les villages voisins.

C'est un immense champ agricole : 17 hectares situés à Conneux, le long de l'E411, qui pourraient bientôt changer de fonction. Le projet prévoit d'y créer un terrain de remblaiement destiné à accueillir, pendant au moins neuf ans, des terres de terrassement issues de chantiers. Une perspective qui inquiète certains habitants des trois communes voisines : Dinant, Houyet et surtout Ciney, où une vingtaine de citoyens se sont regroupés pour s'y opposer. Parmi eux figure Jean-Luc Lissoir, agriculteur et riverain. Il s'alarme des conséquences environnementales du projet, alors que plusieurs arbres remarquables ont déjà été abattus.

On va clairement perdre en biodiversité : ce champ risque de devenir un dépotoir, où l'on déchargera des terres dont on ne connaît pas toujours l'origine.

Pour ces citoyens, le propriétaire du terrain aurait accepté la convention de remblaiement pour des raisons purement financières. Mais leur crainte principale concerne l'impact du futur charroi sur les villages environnants : Conjoux, Conneux et Liroux. Le projet prévoit jusqu'à 24 passages de camions par jour. Jean-François Lonchamps, également agriculteur, estime que les routes ne sont pas adaptées.

Dans certaines rues, il est déjà difficile de se croiser aujourd'hui. Elles sont en mauvais état et le passage de camions risque encore d'aggraver la situation.

Jean-François Lonchamps est d'autant plus préoccupé que l'une de ses prairies jouxte directement le terrain concerné. Il craint des conséquences sur la qualité de l'eau utilisée par son bétail.

Si des eaux de ruissellement ou de percolation s'écoulent du remblai, elles arriveront immédiatement dans ma prairie, là où mes bêtes s'abreuvent et pâturent. On ne sait pas ce que ces eaux pourraient contenir.

Tout est contrôlé selon Tradecowall

Face à ces inquiétudes, Tradecowall, la coopérative en charge du projet, assure que toutes les précautions seront prises. La route d'accès serait élargie et rénovée. La coopérative reconnaît qu'il y aura du charroi, mais se veut rassurante tant sur l'impact des camions que sur la qualité des 365 000 m³ de terres destinées au site. Thibault Mariage, responsable recherche et développement, précise :

Chaque camion est pesé et contrôlé à l'aide de caméras pour vérifier son chargement. À la sortie du site, tous passent par une station de lavage afin d'éviter toute nuisance sur la route. On ne veut absolument pas que notre charroi provoque des accidents ou rende la chaussée glissante.

Les citoyens, eux, restent sceptiques. Ils ont fait appel à un avocat, qui a déjà procédé à une première constatation juridique. La balle est désormais dans le camp de la Région wallonne et de la Ville de Ciney, qui devront trancher.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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