Social

Le centre Fedasil de Sugny accueille des jeunes qui ne demandent pas l'asile en Belgique

publié le:27/09/2023 16:57:00 - mis à jour: 29/09/2023 16:34:17

C’est la particularité de cette structure, qui accueille des mineurs étrangers non-accompagnés (MENA) pour un court séjour dans son centre d’observation et d’orientation à Sugny (Vresse-sur-Semois).

Installé dans l'ancienne base militaire de l'OTAN, au milieu des bois, le centre Fedasil de Sugny accueille des mineurs étrangers non-accompagnés (MENA). Chaque journée commence avec le nettoyage des communs, une tâche ménagère qui leur permet de gagner un peu d'argent de poche en plus des six euros qu'ils reçoivent chaque semaine. Malek Chabane est éducateur dans ce centre Fedasil.

Les jeunes qui arrivent ici viennent de grandes villes comme Bruxelles ou Paris. Donc à leur arrivée, ils se demandent ce qu'ils vont bien pouvoir faire au milieu des sangliers. Mais on les laisse se calmer et se reposer, puis on les occupe. Après quelques jours, ils commencent à accepter l'endroit.

Le centre Fedasil de Sugny abrite un Centre d'Observation et d'Orientation pour les MENA, le seul "COO" rural en Wallonie car les autres sont tous situés à Bruxelles. Ce n'est qu'une étape temporaire pour observer les jeunes et détecter d'éventuelles vulnérabilités, avant de les envoyer dans un autre centre.

Une courte étape sur un long parcours

Les jeunes atterrissent souvent au centre Fedasil de Sugny après être passés au dispatching à Bruxelles ou après un contrôle d'identité effectué par la police. Ils y séjournent seulement pendant quelques semaines ou quelques mois. C'est le cas d'un résident de 16 ans, d'origine marocaine et arrivé à Sugny il y a quatre jours.

Je suis d'abord arrivé de façon clandestine en France, à l'âge de 12 ans. J'y suis resté quatre ans, j'ai traîné un peu dans la rue car je ne savais pas qu'il existait ce genre de centre. À un moment, je me suis dit qu'il fallait que je parte à cause de tous les problèmes que la rue m'a apporté. Ici, au moins, on est à l'abri, logés, nourris et blanchis.

Des mineurs qui ne demandent pas l'asile en Belgique

En plus d'offrir un toit aux MENA, mais aussi un droit à la scolarité et la formation, la particularité de ce centre est qu'il accueille des mineurs qui n'ont pas fait de demande d'asile en Belgique, explique Emmanuelle De Soete, directrice du centre.

La plupart de ces jeunes sont en errance. La majorité vient des pays du Maghreb : Maroc, Algérie, Tunisie... Et ils savent très bien que cela n'a pas de sens d'introduire une demande de protection en Belgique car ils ne rentrent tout simplement pas dans les conditions.

Contrairement aux MENA d'origine afghane ou guinéenne, ces mineurs ne fuient pas forcément un conflit, pointe Emmanuelle De Soete.

Ce sont des jeunes qui n'ont pas forcément un projet précis ou réaliste de ce qu'ils vont pouvoir trouver en Belgique.

L'objectif du centre d'accueil de Sugny est donc d'aider ces jeunes à se recentrer sur eux-mêmes et à réfléchir à leurs projets, avant d'atteindre leurs 18 ans. Au total, il dispose de 46 places pour les mineurs étrangers non-accompagnés. 

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30