Environnement

Un collectif s'oppose à la surpopulation de kayaks sur la Lesse

publié le:30/05/2018 17:29:00 - mis à jour: 31/05/2018 18:38:04

Dans son nouveau permis d'environnement, Dinant Évasion peut mettre à l'eau 1369 kayaks par jour. C'en est trop pour un collectif de défenseurs de la nature qui a intenté un recours au Conseil d'État.

En accordant un nouveau permis d'environnement à la société Dinant Évasion, Carlo Di Antonio s'est attiré les foudres des défenseurs de la nature. Il permet à la firme d'Olivier Pitance de disposer de plus de kayak, ce qui augmenterait les dégradations sur la Lesse. Un collectif d'associations environnementales, de pêcheurs et de riverains ont intenté un recours au conseil d'état contre ce permis. Lionel Delvaux, chargé de mission au sein de l'asbl Inter-Environnement Wallonie, en fait partie.

On souhaite une réduction de kayaks mis à l'eau et des restrictions au moment où le débit de la Lesse est le plus faible parce que c'est à ce moment-là où il est le plus fragile. Le permis tel qu'il est formulé autorise les gens à utiliser la Lesse dans ce genre de situation. Ils doivent marcher dans le cours d'eau et donc être en infraction avec la législation et détruire les espèces qui s'y trouvent.

Du côté d'Olivier Pitance, on rappelle que le permis a été délivré après une étude d'incidence qui a démontré que son activité était conciliable avec l'environnement. Il ne voit pas pourquoi cette enquête devrait être remise en cause.

Cette étude de 600 pages, où on a mesuré la longueur des algues, compté les poissons et les oiseaux, a débouché sur le fait que le maintien de l'activité en état n'est pas un problème pour la nature. Malgré cela, Carlo Di Antonio a trouvé un compromis supplémentaire dans le sens où nous sommes réduits de 40 % de capacité durant le printemps (période de reproduction et de fraye des poissons) et de 15 % en été.

Parmi les nombreux points abordés par le collectif, on retrouve les incivilités commises par les kayakistes. Certains pique-niquent là où c'est interdit et dégradent le site sans même le savoir. Les autorités publiques étant dans l'incapacité de surveiller les centaines de kayakistes, Georges Hoyos, riverain de la Lesse, estime qu'il devrait être de la responsabilité de l'exploitant de sensibiliser la clientèle et de protéger le site

Une des propositions que l'on a faites, c'est que les exploitants de kayak soient obligés de mettre à l'eau tous les 100 kayaks ou toutes les demi-heures, un kayak avec un steward qui inviterait la clientèle à respecter les règles.

Mais pour Olivier Pitance, la Lesse est un endroit public où il n'a pas le droit de sanctionner les fautifs.

On peut sensibiliser et on le fait déjà. Il y a un règlement d'ordre intérieur qui est sur le site internet, au bureau, sur le ticket, sur le seau, qui est rappelé à chaque endroit d'arrêt. Mais nous n'avons pas le droit de sanctionner.

Le collectif est en tout cas confiant quant à la recevabilité du recours on conseille d'état. Reste à savoir combien de temps celui-ci prendra avant de se prononcer.

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CDJ

22H30