À Barsy, Julian Kinard développe un élevage bio en poulaillers mobiles. Une vision de l'agriculture qui lui vaut d'être récompensé à la Foire de Libramont.
À Barsy, à la ferme de Froidefontaine, Julian Kinard a développé La Poule Qui Roule, un élevage bio de Coucous de Malines installé dans des poulaillers mobiles qu'il a construits lui-même. Une approche innovante qui lui a récemment valu d'être désigné Jeune agriculteur de valeur lors de la Foire de Libramont.
Lorsqu'il ouvre les trappes de ses poulaillers, le spectacle est toujours le même. Les volailles se dirigent rapidement vers les espaces arborés.
C'est un de mes moments préférés parce qu'après quelques minutes, on voit toutes les volailles sortir. Elles vont directement vers les endroits protégés par les arbres. Ils créent des zones refuges et les incitent à profiter de l'extérieur. En période de fortes chaleurs, cette ombre naturelle leur offre une qualité de vie bien meilleure qu'en bâtiment.
Ici, les poussins arrivent d'un couvoir d'Andenne à l'âge d'un jour. Après quelques semaines en poussinière, ils rejoignent les poulaillers mobiles où ils poursuivent une croissance lente. Ils sont élevés entre 85 et 100 jours, bien plus longtemps que dans un élevage classique.
Au début du projet, on a élevé trois races différentes. On a organisé des dégustations avec des chefs et le Coucou de Malines est sorti grand gagnant. Il grossit plus lentement, mais ça donne une viande de meilleure qualité.
Une production transparente
Les huit poulaillers mobiles sont répartis sur une vingtaine de parcelles arborées. Les arbres offrent ombre et protection aux volailles, tandis que les poulets participent naturellement à l'entretien des vergers voisins.
J'avais envie de produire quelque chose de mon élevage et de pouvoir le proposer directement aux consommateurs. Quand ils viennent ici, ils voient tout ce qui se passe. Cette transparence est importante pour moi.
L'éleveur suit d'ailleurs ses poulets jusqu'au bout de la chaîne. Il participe à leur abattage au Petit Abattoir Collaboratif de Suarlée, assure la découpe et livre lui-même une partie de sa production dans les épiceries de la région, mais aussi auprès de restaurants bruxellois où le Coucou de Malines est particulièrement apprécié.
Voir les poulets gambader, créer des zones où ils se sentent bien… c'est important. Et je tiens aussi à être présent jusqu'à l'abattage. Si on élève un animal pendant près de trois mois, je trouve normal d'assumer cette responsabilité jusqu'au bout.
Cette philosophie lui a valu de figurer parmi les "Jeunes agriculteurs de valeur" de cette édition de la Foire de Libramont, aux côtés de deux autres éleveurs de notre région: Florent Coninck, pisciculteur à Annevoie, et Claire Van Hoomissen, éleveuse laitière à Barvaux-Condroz.