Aménagement
Un million de tonnes de terre à Spontin: les arguments du demandeur
publié le:18/10/2017 13:12:00 - mis à jour: 18/10/2017 13:33:40
(photo prétexte DR)
Trois entrepreneurs namurois ont demandé un permis à la commune d'Yvoir pour pouvoir entreposer un million de tonnes de terre à Spontin, sur un terrain de 8 hectares, pendant 8 ans.
Une enquête publique s'est clôturée mardi à la commune d'Yvoir en ce qui concerne une demande peu banale: l'entrepose d'un million de tonnes de terre sur un terrain agricole de huit hectares à Spontin. L'entreposage durerait huit ans, ensuite le site sera remis à son état initial avec les bonnes terres du début.
Cette demande a fait bondir Ecolo Yvoir, qui dénonce un "projet scandaleux et inacceptable":
C'est un bouleversement du paysage qui se prépare avec en prime un gigantesque chantier et un interminable charoi de poids lourds. (...) C'est bien de cela qu'il s'agit: transformer le vallon du Quesval en décharge de matériaux de déblais. Trop de sites ont jadis été pollués par des déversements de terres contaminées pour ne pas se poser de questions.
Ecolo souligne que Spontin a déjà été malmené par le passé:
Restera-t-il encore des touristes et des campeurs sensibles à la beauté du village?
Le bourgmeste Etienne Defresne a rappelé que la commune n'était pas à l'initiative du projet, mais aussi qu'une enquête publique n'était pas légalement nécessaire pour cette demande et que cette enquête a été ajoutée comme condition par la commune. Le projet sera examiné la semaine prochaine en CCAT et la suivante par le Collège qui accordera ou non le permis.
Du côté des demandeurs, à savoir les sociétés Gerday, Hublet-Nonet et CBF Travaux, on se veut rassurant:
En tant qu'entrepreneurs, nous ne trouvons plus de terrain pour y mettre nos déblais. Plutôt que de faire circuler nos camions bien loin et contribuer à une pollution de l'atmosphère, nous avons opté pour ce terrain, au centre de la Wallonie, à 30 mètres de la E411. Les camions ne devront pas traverser de village. Toutes les terres qui y seront entreposées sont des terres naturelles, saines et contrôlées. Tout sera analysé. Un système de lavage des pneus des camions y sera installé pour éviter de salir les routes. Au bout de huit ans, on remettra les "bonnes terres" qu'on aura raclées la première année, et on rendra le site naturel. On améliorera une terre agricole, car pour l'instant elle est tellement en pente qu'on ne peut y mettre que du bétail, mais pas de culture. Il y aura un drain au fond pour les eaux. Enfin, nous allons entamer une négociation avec la commune pour payer une redevance à Yvoir.