Des enseignants dinantais ont rencontré Christophe Bastin pour lui faire part de leurs inquiétudes face à la réforme de l’enseignement. Ils réclament davantage de concertation avant le vote du décret-programme.
Une délégation de sept enseignants du collège de Bellevue, à Dinant, s'est rendue à Onhaye, à la maison communale, pour rencontrer le bourgmestre Christophe Bastin, également député au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Leur objectif : échanger avec lui et lui demander de prendre ses responsabilités. Pierre Coleau, professeur au Collège Notre-Dame de Dinant :
On a demandé un délai, un report, pour pouvoir obtenir une concertation. C'est ça le problème pour l'instant, c'est que les professionnels de terrain et tous les acteurs du milieu de l'enseignement ne sont pas écoutés. On est à quelques mois de la prochaine rentrée scolaire et nous sommes dans le flou total. Ceux qui vont être directement impactés, au-delà des enseignants, c'est surtout les jeunes.
Au cours de la rencontre, plusieurs points de désaccord ont été abordés, notamment les mesures d'économies envisagées par la ministre de l'Éducation, Valérie Glatigny. Les enseignants estiment que ces réductions budgétaires auront des répercussions directes sur les élèves, comme l'explique Ludovic Ledent, délégué syndical CSC et professeur au Collège Notre-Dame de Dinant :
Selon nous, il y a des alternatives. Donc c'est un peu étrange de voir que les politiciens, malgré toute la mobilisation, sont bornés et restent sur leurs positions. On a été très surpris de voir que Les Engagés sont à ce point-là collés au MR. Ils ont l'air vraiment de les soutenir.
Une réforme nécessaire selon Christophe Bastin
Pendant près d'une heure et demie, la délégation a évoqué ses inquiétudes et les réalités du terrain qu'elle juge insuffisamment prises en considération par les décideurs politiques. Pour Christophe Bastin, cette réforme est une nécessité :
Je préfère être Père Noël que père Fouettard. Mais à un certain moment, il faut être responsable et faire de la politique, c'est avoir une vision générale et surtout être responsable de l'avenir des enfants, de l'enseignement, mais aussi de tous nos concitoyens. C'est ça, prendre ses responsabilités. Cette mesure, même si elle est impopulaire, elle va nous permettre d'arrêter l'effet boule de neige de la dette pour dégager des moyens qui seront remis, bien sûr, dans l'enseignement parce qu'ils représentent entre 75 et 80 % du budget total de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
À l'issue des échanges, le climat s'est quelque peu apaisé, même si le député reconnaît que les marges de manœuvre semblent désormais limitées :
Voté, ce sera voté. La question, c'est la prise d'effet. S'il y a une possibilité, je le dis bien, s'il y a une possibilité, ce serait alors peut-être de modifier la date de prise d'effet. Mais ça, c'est au gouvernement et pas à moi, le député, d'en prendre la mesure.
Le vote du décret-programme est actuellement prévu le 10 juin. Il pourrait toutefois être avancé si le Conseil d'État rend son avis dès le début de la semaine prochaine. En attendant, les enseignants affirment rester mobilisés et n'excluent pas de mener d'autres actions si nécessaire.