Sécurité

16 minutes et 49 secondes: Dinaphi est un des services d'intervention les plus lents du pays

publié le:07/01/2021 17:04:00 - mis à jour: 07/01/2021 17:22:50

La moyenne belge est de 11 minutes et de 25 secondes: comment expliquer l'écart de la zone Dinaphi? Plusieurs facteurs jouent, dont une grosse proportion de pompiers volontaires à domicile (et non en caserne).

On le sait: le délai d'intervention est crucial pour une intervention optimale des services de secours. La zone Dinaphi est depuis plusieurs années épinglée pour ses supposées lenteurs d'intervention, qui s'expliquent en partie par la taille de la zone, rurale qui plus est, le nombre de volontaires, mais aussi le strict respect des normes d'intervention, à savoir minimum 6 hommes par camion.

Pour expliquer cet écart entre la moyenne belge de 11min25sec et le délai moyen de 16min49sec de Dinaphi (seule une zone en province de Liège fait pire dans tout le pays), le capitaine Pascal Baijot, directeur opérationnel des soins d'urgence, évoque un faisceau de facteurs:

Notre zone de secours est en zone rurale, on a une superficie d'intervention importante, et il faut savoir aussi qu'on travaille avec 80% de volontaires. Les volontaires ne dorment pas en caserne, ils sont rappelables depuis le domicile et il faut leur laisser le temps, quand ils sont bipé, de prendre le véhicule, rejoindre la caserne en tenant compte des conditions climatiques et de la circulation; cela prend donc quelques minutes pour rejoindre la caserne, s'habiller et monter dans le véhicule d'intervention.

Cela signifie-t-il que les habitants de la zone Dinant-Philippeville vivent moins en sécurité que les autres Belges?

Absolument pas. Notre zone applique scrupuleusement le principe de l'aide adéquate la plus rapide, nous répondons aux normes de l'arrêté royal qui nous est imposé. Aujourd'hui nos pompiers sont obligés d'intervenir en nombre minimum de 6 hommes pour un incendie, et nous veillons à ce que notre personnel respecte ces prescrits pour intervenir en toute sécurité, pour eux et pour le citoyen.

Mais puisque cet arrêté royal vaut pour toutes les zones de secours, alors comment expliquer la différence?

Dinaphi a été un précurseur dans les années 2014-2015 quand cet arrêté a été publié et nous le respectons toujours scrupuleusement. Si d'autres zones ne pratiquent pas ce principe, nous y sommes par contre très attentifs chez Dinaphi.

Il n'empêche: avant-dernière de toutes les zones du pays, ce n'est quand même pas flatteur, mais l'Etat-major va chercher à réduire cet écart de temps d'intervention:

C'est en effet l'objectif du commandant de zone, le major Lallemand, de réfléchir à un plan de personnel et de fonctionnement pour étoffer nos centres de professionnels en journée et pour motiver nos volontaires à habiter le plus près possible des casernes. 

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CDJ

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