Sécurité

3000 fêtards rassemblés pour une rave party illégale à Sugny, une zone de non-droit

publié le:04/05/2025 13:25:00 - mis à jour: 04/05/2025 14:17:59

Une rave party de grande ampleur s'est tenue sur l'ancien site de l'OTAN à Sugny. Les moyens policiers étaient insuffisants pour interrompre cet évènement illégal, qui s'est poursuivi jusqu'à ce dimanche midi.

En plein coeur de la forêt de Sugny, à deux pas de la frontière avec la France, les basses des sound system retentissent et perturbent la quiétude habituelle du petit village vressois. Dissimulés sous les arbres touffus, les 78 bunkers de l'ancienne base militaire de l'OTAN sont pris d'assaut par des milliers de fêtards.

Les participants de ce teknival, un festival de tekno illégal, sont arrivés en masse dans la nuit de vendredi, vers une heure du matin. Des barrages policiers ont rapidement été mis en place aux différentes entrées du village pour bloquer l'accès aux véhicules. Mais pas de quoi décourager les fêtards, qui continuent d'affluer, à pied. Ils viennent de Flandre, des Pays-Bas, ou encore du nord de la France. Certains ont parcouru des kilomètres pour arriver à Sugny.

On vient du sud de l'île de France, on a fait 3 heures de voiture pour venir ici. On a été stoppés par un blocus de police, mais c'est pas grave, on a marché un peu. Il faut juste suivre la police pour trouver le chemin !

Le combi de police posté à l'entrée du site nous laisse rentrer. A l'intérieur, difficile de jauger le nombre de participants de cette fête illégale, car ils sont répartis à différents endroits du site, puisque chaque bunker fait office de scène. La police parle de 3000 personnes rassemblées sur place, note Arnaud Allard, le bourgmestre de Vresse-sur-Semois.

C'est très difficile à estimer. Vendredi soir, il y a environ 500 véhicules qui sont rentrés dans le site. Mais certains partent, d'autres arrivent. 

Chaque bunker de la base de l'OTAN fait office de scène.

Pas de bar, mais de la kétamine et du gaz hilarant

Sur place, nous sommes rapidement interpellés par des dealers. Le trafic et la consommation de stupéfiants se déroulent de manière totalement désinhibée. Près des scènes, il n'y pas de bar. C'est de la kétamine ou du gaz hilarant que les fêtards peuvent acheter sans restriction. La base de l'OTAN s'est transformée en véritable zone de non-droit, car les moyens policiers sont insuffisants pour contrôler tout le monde, explique Arnaud Allard.

En tant que responsable de la sécurité publique, vous pouvez imaginer mon désarroi. Avec les policiers, nous sommes complètement désemparés. Il y a un sentiment d'impunité évident. Les citoyens se demandent pourquoi nous n'avons pas fait intervenir l'armée. Mais ces personnes ont consommé différentes substances. Donc faut-il appeler l'armée et les renvoyer sur la route ? Je pense que c'est plus raisonnable de dialoguer et mettre fin le plus rapidement possible à cet évènement.

Les autorités sont finalement parvenues à négocier un départ des fêtards ce dimanche midi. Dans la matinée, le site s'est vidé petit à petit. La police fédérale de Bruxelles est arrivée en renfort à midi pour évacuer les derniers fêtards. Une fois l'ordre rétabli, les voiries fermées seront réouvertes à la circulation.

Nul doute que cet évènement illégal aura eu des répercussions non-négligeables sur les riverains, le tourisme et la nature à Vresse-sur-Semois.


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Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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