Cela fait aujourd’hui tout juste 80 ans que la seconde guerre mondiale s’est terminée. L’occasion pour nous de vous faire découvrir des patrimoines de guerre plutôt méconnus à Dinant.
Il passe presque inaperçu à côté de la maison de repos « La Résidence Churchill », en plein centre-ville. Et pourtant, cet ancien cachot nazi est encore aujourd'hui une preuve de l'occupation. L'historien Axel Tixhon nous fait découvrir ce lieu chargé d'histoire. Une histoire pas du tout réjouissante. Les conditions de détention étaient très difficiles :
C'est à cet endroit que les Allemands enfermaient, pour quelques jours ou quelques heures, des résistants ou des présumés résistants qu'ils avaient parfois arrêtés lors de rafles. Ils les enfermaient ici en attendant de les envoyer au siège de la Gestapo, où de la torture était souvent pratiquée.
Le cachot pouvait parfois accueillir jusqu'à 40 personnes entassées à l'intérieur.
3000 personnes enfermées, dont une jeune résistante de 17 ans
Dinant a particulièrement souffert de l'occupation allemande. Un siège de la Gestapo avait été installé dans la ville, car la résistance était très développée dans la région :
Au total, on estime que 3000 personnes ont été enfermées, principalement en 1944, dans ce cachot et dans un autre voisin qui a été détruit. Aujourd'hui encore, il reste des traces de prisonniers, avec notamment des noms écrits sur les murs.
Parmi les personnes enfermées, il y avait Lucienne Metzeler, 17 ans au moment de son arrestation. Elle avait été arrêtée et déjà battue dans ce cachot, avant d'être envoyée au siège de la Gestapo de Dinant, où elle a été torturée. Elle n'a donné le nom d'aucun de ses complices. Elle a été envoyée dans un camp, mais a survécu.
Ce cachot est peu dédié à cette personnalité et à son courage. On l'oublie parfois, mais les femmes ont été très actives dans la résistance.
Un 2e lieu de détention… pour les collaboratrices
D'autres femmes ont été enfermées dans un 2e lieu de détention à Dinant, de l'autre côté de la Meuse, dans une ancienne usine de textile :
Ici, les détentions se sont déroulées juste après la fin de la guerre. On y enfermait principalement des femmes suspectées d'avoir collaboré, d'avoir été trop proches des Allemands. Elles restaient ici en attendant leur jugement.
80 ans après, ces deux lieux ont toute leur importance, à l'heure où de nouvelles guerres éclatent. Selon cet historien, il est donc important de conserver ces lieux pour ne jamais oublier.