Kayaks

830 kayaks de moins sur la Lesse: Dinant Évasion lance la procédure pour les remettre à l'eau

publié le:12/07/2022 12:25:00 - mis à jour: 13/07/2022 13:07:36

Suite à une décision du Conseil d’État en mai, il y a 830 kayaks de moins sur la Lesse. L’exploitant veut inverser la donne avec une nouvelle demande de permis. Les riverains ont pu émettre leurs remarques.

Lundi soir, les opposants de toujours se sont réunis pour parler de l'épineuse question des kayaks sur la Lesse à Anseremme, en préambule de l'introduction d'une nouvelle demande de permis par la société Dinant Evasion.

En mai dernier, le Conseil d'État a cassé le dernier arrêté ministériel en vigueur qui régissait la navigation des embarcations de la société Dinant Evasion d'Olivier Pitance. Conséquence pour le loueur, les jours de grande affluence, 830 kayaks de moins sont autorisés sur la Lesse (1.370 kayaks contre 2.200 avant la décision du Conseil d'Etat). Georges Hoyos, président de l'association "Lesse Nature et patrimoine" qui lutte pour diminuer le nombre d'embarcations sur le cours d'eau, craint que les choses évoluent dans la mauvaise direction.

Le permis de juin 2017 a été modifié par le ministre Di Antonio (cdH/ Les Engagés) en octobre 2017. Cela a permis à Olivier Pitance de mettre plus de kayaks à l'eau par jour. C'est cet arrêté de Di Antonio qui a été annulé par le Conseil d'État.

Ce qui inquiète le naturaliste c'est que la ministre Céline Tellier (Ecolo), qui a depuis repris la matière, pourrait revenir sur cette décision du Conseil d'État et retourner aux quotats d'avant étant donné que la décision du Conseil fait suite à des manquements dans l'étude d'incidence et non aux arguments environnementaux et sociétaux avancés par les requérants.

Une nouvelle demande de permis

Techniquement, Olivier Pitance pourrait attendre la décision de la ministre, mais sentant le vent tourner, il a d'ores et déjà lancé une procédure de demande de permis. C'est donc dans ce cadre qu'une rencontre avec les riverains s'imposait. Une étude d'incidence doit être réalisée et l'avis des habitants est requis. Cette étude est un préalable obligatoire pour toute demande de permis. Olivier Pitance assure pourtant vouloir faire les choses comme il faut:

Nous sommes en ordre pour exploiter jusqu'à fin 2024. Il n'y a donc aucune pression qui nous oblige à aller vite, mais on veut faire les choses bien. L'étude d'incidence, nous la voulons incritiquable pour répondre à tous ces arguments «olé olé».

L' étude d'incidence est financée par la personne qui demande le permis, donc Olivier Pitance. Néanmoins, l'organisme est indépendant et agréé par la Région wallonne. Dinant Evasion s'appuie sur différents permis pour naviguer en kayak sur la Lesse. Le permis cassé par le Conseil d'État est celui qui lui permet d'exploiter le plus de kayaks.

Les opposants veulent peser dans la balance

La nouvelle procédure lancée est l'occasion pour les opposants de peser dans la balance pour limiter le nombre de kayaks de manière définitive. Ils devront faire face à un Olivier Pitance plus que jamais déterminé à pérenniser son activité:

Autour de la table, on m'a clairement dit qu'il y ait un nouveau permis ou pas, qu'ils iraient au Conseil d'État. Il y a des personnes qui passent leur temps à pourrir la vie des autres et c'est dramatique.

La décision de la ministre devrait tomber dans le courant du mois de septembre. Quelle qu'elle soit, les usagers de Lesse que tout oppose se battront pour obtenir gain de cause.

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CDJ

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