Le Dinantais, Champion du Monde de kayak en descente de rivière en classique en Bosnie, est de retour en Belgique. Il revient sur son titre, il évoque la relation avec Maxime Richard et parle de l'avenir.
Il est de retour au pays! Le Dinantais Léo Montulet, Champion du Monde de kayak en descente de rivière en classique en Bosnie à Banja Luka sur la Vrbas, revient sur cette grande performance.
Il était sur le plateau de Challenge ce lundi, avec le sourire, comme d'habitude...

Léo, cela fait quoi d'être Champion du Monde?
Léo Montulet: Je ne réalise pas. J'atterris. On est rentré il y a deux jours. C'est fou.
Vous ne l'aviez pas caché, l'or, c'était l'objectif!
Léo Montulet: Avec mon coach Maxime Richard, on savait qu'on pouvait être performant sur certains types de rivière. Banja Luka en faisait partie. Il y a deux ans en Espagne, je termine 3ème à cinq dixièmes, j'étais dans le match aussi. Quand je m'aligne au départ d'une course, c'est souvent pour gagner.
Était-ce une revanche ou vous ne l'avez pas pris comme ça?
Léo Montulet: Le sentiment de revanche m'a servi à me remettre au travail en décembre. Mais pendant la préparation et pendant la course, je n'ai pas du tout pensé à ça. J'étais focus sur le plan qu'on avait.
Est-ce que c'est la consécration d'une vie?
Léo Montulet: C'était mon rêve de gosse. Je me souviens d'une de mes premières interviews à Matélé, en 2019, j'avais dit que mon rêve était d'être Champion du Monde. Sept ans après, j'ai réalisé mon rêve et je suis toujours à Matélé.
Il y a dix ans, Maxime Richard devenait double Champion du Monde, aussi à Banja Luka, c'est un beau symbole…
Léo Montulet: Oui, c'est fou. Et il y dix ans, c'était ma première sélection en équipe nationale. Il y avait cette dimension émotionnelle qui s'est ajoutée pendant la préparation.
Pourquoi cette rivière, la Vrbas, vous convenait-elle particulièrement?
Léo Montulet: J'ai déjà été là-bas sept fois. Il y a des zones d'eau plate, où je peux développer de la vitesse. D'autres endroits sont plus techniques. Mon but était de ne pas perdre trop de temps dans les parties techniques. Quand j'entre dans le dernier plat, j'ai deux secondes de retard et je termine avec trois d'avance.
Quel a été le rôle de votre coach Maxime Richard sur place?
Léo Montulet: Quand on arrive sur une course, on ne parle pas de résultat. C'est se mettre une charge en plus. On sait surtout comment on va le faire. On est arrivé sur place trois jours avant la course. C'est court pour tout reconnaître et tout assimiler.
Il y a aussi cette médaille de bronze par équipe, aussi sur la classique…
Léo Montulet: On commence à y être habitué, c'est la troisième fois de suite. On a fait une super course avec Brahim Vandecasteele et Lean Bogaerts. Les Slovènes étaient très forts. Et les Français ont quand même fait 2 et 3 en individuel.
"Les JO? On verra..."
Par contre, le sprint, qui n'est pas votre spécialité, s'est moins bien passé…
Léo Montulet: Catastrophe… En individuel, je signe une première qualification pas mauvaise. Et dans la deuxième, je suis à huit secondes du premier. Je n'étais pas là, je n'étais pas prêt. Mon titre en classique a joué, mon influx était peut-être un peu parti dans la victoire et dans les émotions.
Comment expliquez-vous que le sprint ne soit pas votre spécialité?
Léo Montulet: Je ne m'entraîne pas pour ça. Si je m'entraînais spécifiquement pour le sprint, je pourrais être meilleur. Mais je ne pense pas pouvoir aller gagner. Physiologiquement, je suis un gars de demi-fond. Je n'aime pas la muscu. Tout cela me pousse vers la classique.
On n'arrête pas de faire le parallèle avec Maxime Richard, il a été aux JO pour la course en ligne, cela vous tente-t-il aussi?
Léo Montulet: Je ne sais pas. Je parle de la course en ligne. J'ai le matériel, j'en fais un petit peu, je ne suis pas horrible. Aller aux JO? Je ne sais pas, on verra…
Et maintenant, place au repos?
Léo Montulet: Un peu de fête et un peu de repos. On va aller voir les copains, la famille. Je remercie toutes les personnes qui nous ont soutenus depuis la Belgique.