Analyse

A Gedinne, Sylvianne Simon peut désormais tout faire basculer

publié le:24/11/2017 16:55:00 - mis à jour: 24/11/2017 18:51:38

A moins d'un an du scrutin communal, la majorité gedinnoise ne tient qu'à un fil. Et encore, celui-ci ne tient-il plus que par intermittence...

Il y avait comme un parfum de victoire avant l'heure au sortir du conseil communal ce jeudi, dans les rangs de l'opposition. Larges sourires sur les visages qui contrastent avec les mines contrites des membres d'une majorité désormais très virtuelle.

En tant qu'élu de l'opposition, on ne sort pas souvent d'un conseil communal en ayant imposé son agenda et parfois ses choix à une majorité en place depuis onze années ! C'est pourtant ce qui vient de se produire, et cela augure d'une dernière année difficile pour Vincent Massinon et son équipe.

Dès la sortie des urnes en 2012, on savait que la majorité était fort étriquée : 8 contre 7 en faveur de la liste du bourgmestre. A peine un siège d'avance et donc l'obligation de serrer les rangs en toutes circonstances. Très vite, le renfort inespéré de Stéphanie Gendarme a donné un peu d'air à cette majorité. Mais sa démission fin octobre permet à son suppléant Christophe Léonard de siéger… dans l'opposition. Dans le même temps, la présidente du CPAS Sylvianne Simon ne cherche même plus à masquer ses différends avec le reste du collège. Son poids est désormais déterminant : pouce vers le haut, le point passe, pouce vers le bas, la majorité peut remballer ses projets...

Résultat : lors du conseil communal de ce 23 novembre, c'est Noël Suray (opposition) qui remplacera Stéphanie Gendarme au comité de concertation commune-CPAS et non le candidat de la majorité. Sylvianne Simon a voté contre lui. Dans deux autres organismes, l'abstention de Sylvianne Simon conduit au non remplacement de la représentante démissionnaire. Plus loin, la présidente du CPAS rejoindra l'opposition dans sa critique d'un avant-projet d'aménagement touristique de l'étang de Boiron, pour lequel d'importants subsides auraient pu être sollicités. Ce sera « niet ». Exit le projet… Et à la fin, elle donnera le coup de main décisif pour obtenir le vote sur quatre points relatifs au personnel, que l'opposition avait fait inscrire.

Majorité alternative ?

Elle l'affirme, ses positions sont dictées par ses convictions. Et la cheffe de file de l'Equipe, Véronique Léonard, de surenchérir : il y a désormais une « majorité démocratique » alternative à Gedinne… L'intérêt général serait donc le moteur de ces alliances « à la carte » ?

Voire… Car Sylvianne Simon ne s'en cache pas vraiment, il y du ressentiment derrière ses prises de position. Un ressentiment qui va puiser loin : peut-être dans les premiers mois de la législature, lorsqu'elle se voyait un peu en « cinquième roue de la charrette » ? Pas entendue dans ses demandes, pas suivie dans ses positions, clame-t-elle, dénonçant désormais les « mensonges » de certains au sein de la majorité… Ce manque d'attention -que réfute bien sûr le bourgmestre- c'est manifestement le terreau sur lequel son aigreur s'est enracinée. Les compromis au sein du collège- auquel elle ne participe d'ailleurs plus- ce n'est pas son mode de fonctionnement. Dans le monde de Sylvianne Simon, les choses sont finalement très simples. Et elles s'expriments cash. Alors, comme chez Audiard, elle dynamite, elles disperse, elle ventile… Façon puzzle.

Conséquences ? Quelles conséquences ?

Vincent Massinon reste zen, même lorsque Sylvianne Simon s'en prend directement et publiquement à la directrice générale, qui ne peut répondre. Il sait bien qu'il ne dispose d'aucun moyen de pression sur Sylvianne Simon. Philosophe, il constate que certains dossiers importants -la création d'une régie communale des sports ou des projets en cours comme la rénovation de l'ancien lycée- devront attendre des heures plus favorables, au mieux après les élections. Pour le reste, il table sur le bon sens des uns et des autres.

Mais Sylvianne Simon détient désormais un véritable pouvoir : aucun point n'est encore à l'abri de sa vindicte ou de « sa » conception des choses. Et si l'opposition veut embrayer, la majorité pourra se rhabiller. Même en s'abstenant, elle peut empêcher le vote de certains points.

L'opposition, elle, fourbit ses armes. Elle a l'habitude, lors du vote du budget, de proposer des amendements ou de questionner la majorité sur l'opportunité de certains postes. Ils sont la plupart du temps courtoisement mais fermement écartés par la majorité. Qu'en sera-t-il cette année ?

« Parfum de victoire »… C'est le sentiment du moment dans les rangs de l'opposition. Reste à voir si, à Gedinne, les escarmouches au conseil communal trouveront écho dans la population. Et qui sortira en vrai vainqueur de ces querelles un peu picrocholines. Le verdict, somme toute, n'est plus très loin...

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