Environnement
À Jemelle, l’eau potable au cœur des inquiétudes face à l’extension de la carrière
publié le:30/09/2026 10:41:00 - mis à jour: 01/10/2026 10:57:16
14 hectares supplémentaires pour la carrière de la Boverie à Jemelle… Le projet d’extension porté par Lhoist inquiète les riverains rochefortois.
À Jemelle, le projet d'extension de la carrière de la Boverie suscite de nombreuses inquiétudes chez les riverains. Une vingtaine de remarques ont été formulées lors de la réunion d'information. Le projet prévoit 14 hectares supplémentaires d'exploitation, avec des craintes concernant le bruit, la pollution et la biodiversité. Mais c'est surtout la question de l'eau qui préoccupe. Sous la carrière se trouve en effet la source de la Tridaine, qui alimente notamment Rochefort en eau. Pour les riverains, l'extension pourrait avoir des conséquences sur cette ressource. Georgy Renard redoute notamment une diminution de la quantité d'eau disponible et des problèmes de qualité.
Ces quatorze hectares supplémentaires impliquent de décaper davantage la nappe phréatique. Elle risque donc de nous fournir beaucoup moins d'eau au moment où nous en aurons besoin, tout en pouvant en apporter davantage lors des épisodes de fortes précipitations, avec les risques d'inondation que cela implique. La qualité de l'eau nous préoccupe également. Si elle ne devait plus être suffisamment bonne, il faudrait aller chercher de l'eau ailleurs, ce qui représenterait un coût supplémentaire pour les citoyens rochefortois.
Les riverains ne sont pas les seuls à avoir exprimé leurs inquiétudes. Un ancien expert de la SWDE, la Société wallonne des eaux, a également critiqué le projet.
Un bureau d'études devra faire des analyses
Face à ces critiques, l'exploitant de la carrière, Lhoist, a tenté de rassurer. Les différents intervenants ont notamment insisté sur l'importance de l'extension pour l'activité économique et l'emploi. Mais l'entreprise a voulu apporter des garanties aussi sur l'eau, par la voix de Laurence Indri, en charge de la gestion du patrimoine chez Lhoist.
Nous resterons systématiquement au-dessus de la nappe phréatique et aucun pompage n'est prévu dans la carrière. Lhoist réaffirme par ailleurs son engagement à respecter toutes les conditions qui pourraient être imposées dans le permis et à prendre en compte l'ensemble des caractéristiques hydrogéologiques, territoriales et environnementales dans le cadre de sa demande.
L'extension de la carrière aura-t-elle réellement un impact sur la source de la Tridaine ? C'est précisément ce que devra déterminer un bureau d'études. Des analyses seront réalisées sur la base des éléments soulevés lors de la réunion d'information. De quoi rassurer les riverains ? Jean-Paul Marsigny, membre de Rochefort Citoyen, reste prudent.
C'est toujours rassurant de savoir que des gens sérieux s'occupent de questions sérieuses. Mais je crains que, faute d'avoir connu l'évolution du climat telle que nous la constatons aujourd'hui, le bureau d'études ait du mal à intégrer cette réalité dans ses analyses. Nous sommes désormais dans un nouveau monde et il faut en tenir compte.
Malgré la forte opposition exprimée au projet, la réunion s'est déroulée dans le calme et le respect. La balle est désormais dans le camp du bureau d'études, une étape indispensable avant le dépôt de la demande de permis.