La reconstitution du procès des sorcières de Sugny s'est tenue sous un soleil de plomb et devant une foule dense et motivée. A la fin, fidèle à l'histoire, une des sorcières est pendue et brulée en public.
En 1657, à Sugny, 5 femmes sont dans le collimateur de la justice. Elles seraient à l'origine de décès et de faits bizarres. Accusées de sorcellerie, leur procès se tiendra sur la place publique.
Depuis 8 ans, faute de comédiens et de metteur en scène disponibles et puis à cause du Covid, le spectacle de la reconstitution de ces faits n'avait pu avoir lieu. Cette année, près de 30 comédiens amateurs ont assuré la reconstitution, presque tous novices. C'est le cas de Micheline Blust:
Au départ, j'ai remplacé une personne qui tenait ce rôle depuis très longtemps. Et ça m'a beaucoup amusée.
Pour Christelle Bertrand, qui interprète le personnage de Marson Huart, c'est aussi une première:
Je suis venue prêter main forte et me faire plaisir en même temps. Je connais l'histoire. Je connais les gens de Sugny. L'histoire a été souvent racontée.
Pour Christelle Duchenne qui n'avait jamais vu le spectacle, c'est un plaisir:
Je fais cela par plaisir. Et je n'ai jamais eu l'occasion de voir le spectacle.
Médisance, délation, bêtise, des similitudes avec notre société
Lors du procès, médisance, mensonge, jalousie, délation et méchanceté se conjuguent avec bêtise et ridicule. Pour le metteur en scène, Jacques Ravedovitz qui a repris le flambeau, on peut aisément faire des parallèles avec notre société actuelle.
Je pense que si on devait sociologiser, ce spectacle traite du rapport à la différence. Toute personne différente, qui inquiète ou qui semble bizarre, était traitée de sorcière. Dans le spectacle, le curé l'affirme. Aujourd'hui, ce ne serait sûrement pas cela. Mais le rapport à la différence, c'est important.
Les notions d'intolérance résonnent encore aujourdhui
Le 30 août 1657, les sentences tombent pour quatre de ces sorcières. Deux seront emprisonnées, une sera bannie et Jeanne Huart sera pendue et brûlée, un jugement avec effet immédiat qui suscite la réaction vive et contrastée du public qui assiste à l'exécution. Transposées au 21ème siècle, les notions de tolérance résonnent encore, mais différemment.
La tolérance a un peu changé. L'intolérance a un peu changé. Il y a, sans doute, une symbolique dans cette pièce que chacun prendra comme il veut. Le rapport à la différence est toujours aussi présent en 2023, même si ça n'a pas les mêmes caractéristiques et qu'on ne pend pas les gens parce qu'ils sont homosexuels ou autres. Toutefois, pas en Belgique, pas en Belgique,…
La toute grande foule a assisté à cette reconstitution. Un soleil généreux a contribué à ce succès dû aussi à l'intérêt pour la préservation des traditions et de la mémoire du village.