La Fédération Wallonie-Bruxelles a déposé la candidature de la balle pelote à l’UNESCO. Héritage historique et sport vivant, cette démarche vise à sauver la discipline et assurer sa transmission.
Sur les places et dans les rues de notre région, la balle pelote fait encore vibrer joueurs et spectateurs. Ce sport, partie intégrante de la vie de nos villages, pourrait bientôt rayonner bien au-delà. La Fédération Wallonie-Bruxelles vient de déposer officiellement un dossier auprès de l'UNESCO pour faire reconnaître la balle pelote comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Pour Elisabeth Degryse, Ministre-Présidente et Ministre de la Culture, la candidature souligne l'importance de cette tradition :
Plus qu'un sport, la balle pelote est un patrimoine vivant, profondément ancré aux quatre coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le dépôt de cette candidature constitue une étape importante : il consacre la richesse d'une tradition qui fait battre le cœur de nos villes et de nos villages, et rend hommage à celles et ceux qui la font vivre, la transmettent et la réinventent chaque jour.
Derrière ce dossier, un homme : Benoît Goffin, historien et conservateur du musée national des jeux de paume. Selon lui, cette candidature est surtout une question de visibilité et de sauvegarde :
La balle pelote gagne en visibilité et en crédibilité, notamment auprès d'un large public. Après une première reconnaissance en 2022 au niveau du patrimoine culturel immatériel en Fédération Wallonie-Bruxelles, nous franchissons maintenant une étape prestigieuse : le dépôt auprès de l'UNESCO.
Un patrimoine en voie de disparition
Aujourd'hui, ce sport traditionnel est en recul. Les ballodromes disparaissent les uns après les autres, et seuls quelques centaines de pelotaris continuent de pratiquer la balle pelote en Wallonie. Benoît Goffin insiste sur l'importance de sensibiliser un large public et de protéger ce patrimoine vivant :
C'est avant tout une question d'image, mais c'est aussi une question de fierté pour toute une communauté d'hommes et de femmes qui se battent au quotidien pour la balle pelote. Derrière cette reconnaissance, il y a donc beaucoup de symbolique. Il n'y a pas de subsides ni d'aides particulières, c'est avant tout une question de regard et de considération. Plus de visibilité et une sensibilisation accrue pourraient, je l'espère, contribuer à sauver ce sport.
Car au-delà du sport, c'est toute une tradition qui est en jeu. Transmise de génération en génération, la balle pelote reste un véritable vecteur de cohésion sociale. Selon Benoît Goffin, le sport est aujourd'hui inclusif et attire de plus en plus de jeunes et de joueuses :
Un des points forts de la balle pelote, c'est son inclusivité : elle s'adresse à tous, reste accessible financièrement et attire de plus en plus de participants. L'arrivée d'un public féminin, notamment avec un championnat prévu en 2026, est une nouveauté importante. Ajoutons à cela la cohésion sociale et la transmission intergénérationnelle : tous ces éléments font de la balle pelote un atout majeur dans notre paysage sportif et culturel.
Le dossier sera analysé pendant plus d'un an, et la décision finale est attendue fin 2027. En cas de réponse positive, la balle pelote rejoindrait le hurling irlandais, jusqu'ici le seul sport inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.