Immobilier

Baromètre de l’immobilier : la réforme fiscale et l’incertitude sur les marchés dopent les ventes

publié le:13/01/2026 15:46:00 - mis à jour: 14/01/2026 14:51:13

Photo : Belga

La fédération des notaires publie son traditionnel baromètre de l'immobilier. L'année a été faste au niveau des ventes, en particulier en Wallonie qui enregistre une hausse de plus de 16%.

La fièvre acheteuse s'est-elle emparée du marché immobilier belge ? A lire le baromètre de l'immobilier publié par la fédération des notaires, on pourrait le croire. La Wallonie enregistre une hausse de 16,7 % des ventes en 2025 par rapport à l'année précédente. La province de Namur n'est pas en reste, avec une progression de 16,2%. 

 

Ces chiffres impressionnants s'expliquent notamment par la réforme des droits d'enregistrement. Le taux réduit de 3 % pour l'achat d'un bien immobilier propre et unique a facilité l'accès à la propriété, en particulier pour les primo-acquéreurs. Il a aussi décalé les ventes, explique Marie-Hélène Clavareau, notaire à Ciney : 

 

Les trois derniers mois étaient un tout petit peu plus calmes, probablement parce que les primo-acquéreurs attendaient le passage au 3%. Donc, les trois premiers mois 2025 ont été assez dynamiques.

L'immobilier comme valeur refuge

 

La baisse des taux d'enregistrement n'explique pas tout puisque la hausse est également observée en Flandre et à Bruxelles même si c'est dans une moindre mesure, avec respectivement 14,1 et 7% d'augmentation. La notaire cinacienne avance un deuxième élément pour expliquer pourquoi les Belges ont de plus en plus une brique dans le ventre : 

 

Il y a aussi certainement d'autres facteurs comme l'incertitude sur le marché financier. On peut tout à fait considérer que l'immobilier est une valeur refuge, tout comme l'or. Dès qu'on est un peu plus en insécurité sur d'autres marchés, on revient vers la bonne vieille brique belge. 

Sur le terrain, cette dynamique se traduit par une forte demande, à la fois de la part des jeunes acheteurs et des investisseurs, parfois jeunes eux aussi. Grégoire Jacques qui vient d'ouvrir son agence immobilière l'a constaté : 

 

Moi, j'ai lancé ma boîte ici début 2025 et donc j'ai eu vraiment deux styles de profils. J'ai eu les personnes qui cherchent à acheter pour y vivre toute leur vie, donc ceux qui vont bénéficier des 3% et tout un autre groupe d'investisseurs qui sont plus importants, surtout parce qu'ils vont faire beaucoup plus de transactions.

Marie-Hélène Clavareau dresse aussi un profil un peu différent des investisseurs que celui qu'on imagine habituellement :

Maintenant, on a aussi des acquisitions par des investisseurs qui ne sont pas propriétaires de 5, 6 ou 10 biens. On a aussi des gens plutôt jeunes qui achètent un petit appartement pour se garantir un revenu locatif. C'est aussi un marché qui se porte bien.

Les prix augmentent

 

Cette forte demande a évidemment une conséquence directe : les prix de l'immobilier ont augmenté de manière significative en 2025. L'année dernière, le prix moyen d'une maison dans la province de Namur a progressé de 10,5 % par rapport à l'année précédente, il atteint 271.339 euros. 

 

Pour les appartements, la hausse est même plus marquée dans le Namurois que dans les autres provinces puisqu'elle atteint 10,3 %, le double de la moyenne wallonne. Le prix moyen s'élève pour cette catégorie à 217.365 euros. Des prix à relativiser, selon Marie-Hélène Clavareau : 

 

On a des pourcentages globaux. Il y a certainement des biens qui se vendent plus cher. Cela concerne des biens qui ont une très bonne performance énergétique, les biens rénovés, etc. Par contre, les biens à rénover restent encore accessibles. Les appartements pour les jeunes aussi. Je pense que l'accessibilité à l'immobilier est assurée.

Côté acheteurs, la part des 18–35 ans reste stable pour les maisons, ils représentent la moitié des acquéreurs. Ils sont par contre de plus en plus nombreux à s'intéresser aux appartements. 41% des appartements sont achetés par quelqu'un qui a moins de 35 ans, c'est 6% de plus qu'il y a 4 ans. 

 

 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30