Beauraing est une des premières communes où les fabriques d'église ont terminé leurs inventaires. Les églises regorgent d’un riche patrimoine. Mal conservé, mal surveillé, ce patrimoine est en danger.
Une des plus belles pièces recensées dans l'inventaire des objets mobiliers des églises de Beauraing est conservée dans le coffre fort de l'église de Wancennes. C'est un ostensoir tourelle. Il daterait du 16ème siècle. C'est le genre d'objet qui est consigné dans les inventaires du patrimoine mobilier des églises qui viennent d'être réalisés à Beauraing.
On y trouve des calices, des ostensoirs, mais aussi des sculptures ou du mobilier d'église, explique Maura Moriaux, coordinatrice et responsable pour la base de données des inventaires au CIPAR:
Ça peut être des objets de petite dimension comme de la vaisselle liturgique, des petits luminaires ou de la sculpture. Ça peut être aussi du gros mobilier comme des confessionnaux, des chaires de vérité, des chaises, des bancs de communion.
L'objectif, c'est de mettre à disposition un répertoire pour déterminer ce qui existe encore aujourd'hui dans les églises paroissiales sans faire de jugement de valeur. On répertorie absolument tout.
En effet, un décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles invite les communes à réaliser l'inventaire du patrimoine contenu dans leurs églises. Pour y parvenir de manière optimale, les évêchés ont lancé le Cipar, c'est le Centre interdiocésain du Patrimoine et des Arts religieux. Le contexte, c'est l'évolution de l'église actuelle et la réorganisation du culte, explique Christian Pacco, administrateur délégué du CIPAR:
On est bien conscients que le patrimoine religieux est en danger. Il n'y a plus de prêtre à côté de chaque église. Les célébrations ne se font plus à un rythme aussi régulier. On va fusionner les fabriques d'églises et, tôt ou tard, il y aura des problèmes d'affectation ou de réaffectation des églises. Donc, dans tout ce contexte très changeant, le patrimoine est en danger. La première mesure qu'il convient de faire quand on veut protéger du patrimoine, c'est d'en faire l'inventaire.
Les quinze fabriques d'église, soutenues par la commune, se sont entendues pour travailler à la réalisation des inventaires. Un travail rondement mené. Avec les fabriciens, détaille, Jean Haquin, de la fabrique d'église de Beauraing.
Il y a 15 églises plus des chapelles. Nous avons fait l'inventaire de tout le contenu des églises et des sacristies. Pour l'église de Beauraing, nous avons établi près de 200 fiches d'objets inventoriés. Pour l'ensemble des 15 fabriques d'église, nous avons 1700 fiches.
Faire l'inventaire, c'est aussi mettre de l'ordre dans tous ces objets. Le Doyen Renard a retrouvé un calice gravé du nom de l' ancien évèque de Tournai, Charles-Marie Himmer, originaire de la région:
Il y avait un calice avec le nom de l'abbé Himmer. Il a été vicaire ici à Beauraing, avant la guerre. C'est une découverte pour moi quand j'ai vu le calice qu'il avait laissé ici.
Protéger le patrimoine des églises, l'enjeu est important et se double d'un objectif de valorisation par des expositions, des visites guidées. Il est aussi question de prioriser les actions de protection de traitement et de conservation spécifique des objets. Un défi patrimonial qui devrait rendre aussi à ces objets une plus grande accessibilité au public.