La Beaurinoise a commencé comme soudeuse, aujourd’hui elle travaille dans l'accompagnement de projets industriels pour des entreprises comme V3 Manupal (Achêne). Elle a été récompensée pour sa carrière.
Elle a troqué son casque de soudure pour une casquette de consultante. Gaëlle Bertaux connaît les bâtiments de V3 Manupal comme sa poche. Elle accompagne cette entreprise basée à Achêne comme conseillère QHSE, pour qualité, hygiène, santé et environnement. Une fonction encore plus poussée que celle de conseillère en prévention. Elle explique :
Un conseiller en prévention reste quelqu'un de généraliste. Moi, je me suis spécialisée dans le domaine technique. Ma fonction, c'est d'accompagner l'employeur à lever certains points dans le domaine de la sécurité, de la qualité, de l'environnement. Par exemple, s'il y a des nouveaux bâtiments, des nouvelles machines, on refait le plan d'urgence, on regarde le plan de prévention incendie, on fait des analyses de risques.
Un drame familial à l'origine d'une vocation
La Beaurinoise a d'abord travaillé sur chantier comme soudeuse avant de se diriger vers la prévention et la sécurité au travail. Aujourd'hui, elle travaille sur de gros projets industriels, ainsi que pour des compagnies comme TotalEnergies à Feluy. C'est un drame familial qui l'a poussée dans ce secteur.
Mon papa a eu plusieurs accidents de travail, il s'est notamment retrouvé enseveli dans des tranchées. Il est décédé sur son lieu de travail. Donc ça m'a fortement traumatisée étant enfant. Quand j'ai connu les métiers de la prévention, je me suis dit que c'est ça que je devais faire. C'est plus qu'un travail, c'est une passion. Je repense à tous ces moments où j'étais traumatisée étant enfant et je me dis que je ne veux pas que les enfants des autres vivent la même chose. Et à chaque fois que je fais une mission, je pense à ça.
Une femme dans un milieu masculin
Gaëlle Bertaux a trouvé sa vocation, et elle excelle dans son domaine. Pourtant, se faire une place dans ce milieu principalement masculin n'a pas été facile, reconnaît-elle :
Ce n'est pas toujours évident parce qu'il faut avoir une certaine forme de caractère et de répartie, parce qu'on va aller nous chercher sur des détails techniques. Mais ça m'a valu d'apprendre très vite. Actuellement, je commence à me faire un petit nom dans le secteur et on se rend compte de la plus-value de mon accompagnement.
Médaillée de bronze pour sa carrière
L'experte a d'ailleurs reçu les honneurs du Royal Work Institute. Début octobre, elle a gagné la médaille de bronze de lauréate du travail. Un titre symbolique, qui valorise l'ensemble de sa carrière :
C'est important parce que c'est beaucoup d'énergie. J'ai commencé de zéro pour arriver là où je suis. C'est beaucoup d'investissement, beaucoup d'heures.
Un parcours inspirant, dans un domaine méconnu et pourtant essentiel. L'actualité l'a rappelé récemment, avec l'accident de travail qui a coûté la vie à un ouvrier sur un chantier près de Mahoux, dans la commune d'Houyet.