Le budget de la Province de Namur pour 2023 a été voté ce vendredi. Un exercice réalisé sur le fil du rasoir sur fond de crise énergétique.
Quelques semaines avant les communes, la majorité provinciale a présenté son budget pour l'année 2023. Sa confection n'a pas été sans mal vu les difficultés économiques actuelles. Au centre des préoccupations provinciales, sans surprise, la crise énergétique. Jean-Marc Van Espen, Député-Président, en charge du budget :
On est dans un marché groupé avec toute une série d'autres institutions. Incontestablement, c'était un beau marché mais comme tout le monde, on va passer à un contrat variable. On va passer de deux à neuf millions.
A l'ordinaire, le budget s'élève à 185 millions d'euros. Il est à l'équilibre grâce à l'utilisation d'une réserve de 4,4 millions, l'astuce budgétaire a été approuvée par la Région, nous dit-on. L'opération ne pourra toutefois pas être renouvelée l'année prochaine, puisque cette réserve est désormais épuisée.
Neutralité carbone
Pour faire face à la crise énergétique, la majorité provinciale poursuit ses travaux de rénovation des bâtiments et espère atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2030 comme prévu. 80% du budget extraordinaire sera consacré à des projets de réduction des consommations.
Pour l'opposition Ecolo, la démarche est évidemment positive mais elle préfère juger sur les faits, explique Hugues Doumont :
Il y a un catalogue de bonnes intentions en matière de santé, d'économies d'énergie, de véhicules plus verts. Mais on est prudents, il faudra voir le taux de réalisation parce qu'on peut arriver avec un excellent catalogue mais ne pas le réaliser, ou le réaliser très partiellement.
Parmi les gros investissements, on pointera les bâtiments scolaires. Trente millions, dont vingt proviennent de subsides européens, vont y être investis. Un effort salué par l'opposition socialiste, par la voix de Claude Bultot :
Je pense que le Député Fournaux a fait un très bon boulot dans le domaine de l'enseignement. Évidemment, la manne étant présente, cela aurait été malheureux qu'on ne s'attache pas à en avoir une partie pour la province. Mais le fait d'entrer dans cette démarche pour un secteur important, je pense que le Député Fournaux a fait le job.
« Un manque d'imagination »
Sur la philosophie générale de ce budget établi, rappelons-le, avec beaucoup de difficultés, les socialistes dénoncent « un manque d'imagination » :
Des services ont été détricotés au nom de « on doit financer les zones de secours ». On va arrêter avec ça. Les autres provinces doivent aussi financer les zones de secours. Par rapport, à toute une série de structures où la province rendait des services, l'accompagnement des jeunes, des personnes en difficulté, on ne sent rien et on ne peut pas tout justifier par un contexte économique difficile.
Les Verts pointent également un manque d'équité entre les dotations et s'étonnent de l'indexation de 10% de la dotation du BEP :
Je présume que le BEP a besoin de ces 10% mais quand on dit que c'est l'équité, l'équité, l'équité qui mène les décisions du Collège. Là, on constate quand même BEP +10%, FIFF (Festival international du Film francophone) -10%.
Suite à un amendement de l'opposition Ecolo, le budget a été voté en trois temps. Pour l'ordinaire, les Verts ont voté non, le PS s'est abstenu. Pour l'extraordinaire, Ecolo et le PS ont voté pour. Il y a finalement eu un troisième vote pour le budget dans sa globalité, la majorité MR – Les Engagés – Défi l'a approuvé, l'ensemble de l'opposition s'est abstenue.
Réactions de l'opposition :
Reportages : Boukè