Chaque commune perdra un échevin et deux conseillers. Cette mesure censée générer des économies, fait craindre une charge de travail accrue pour les élus et, pour certains, un risque pour la démocratie.
Il n'a pas caché sa colère sur les réseaux sociaux : Bertrand Custinne, premier échevin à Yvoir, est fermement opposé à la mesure annoncée ce lundi par le Gouvernement wallon. En 2031, quelques mois après les prochaines élections, Yvoir passera de 4 à 3 échevins. Selon lui, cette réduction risque surtout d'alourdir une charge de travail déjà importante.
On fait déjà des semaines presque impossibles, avec du travail le soir et le week-end. On ne s'en plaint pas forcément, parce que c'est un engagement pour la population. Mais qui peut croire que réduire le nombre de mandataires d'une unité va faciliter l'avancement et la rapidité des dossiers, alors que les citoyens sont déjà, pour une partie d'entre eux, mécontents parce qu'une série de choses n'avancent pas assez vite ?
Même si cette position n'engage que lui et pas le reste du collège, l'échevin des Finances relativise l'économie qui pourrait être réalisée par la commune.
À Yvoir, notre budget des dépenses ordinaires tourne autour de 15 millions d'euros. Supprimer un mandat d'échevin nous permettra d'économiser entre 60.000 et 70.000 euros par an. C'est évidemment une somme qui compte dans la balance, mais cela ne va pas révolutionner la situation budgétaire des villes et communes qui sont aujourd'hui en difficulté.
Les conseillers communaux aussi impactés
À Houyet, le collège passera également à 3 échevins. La commune retrouvera ainsi la configuration de la précédente législature. Après les élections de 2024, la hausse de la population lui avait permis de bénéficier d'un échevin supplémentaire. C'est donc un retour en arrière, mais qui devrait rester supportable, estime Hélène Lebrun, bourgmestre de Houyet.
On va s'adapter, on a déjà connu cette situation. Je pense qu'il faut participer à notre niveau, comme les autres niveaux de pouvoir doivent aussi le faire, pour aider le gouvernement wallon à retrouver un équilibre.
Le gouvernement wallon prévoit aussi de réduire le nombre de conseillers communaux, avec deux élus en moins par commune. À Hamois, par exemple, on passera de 4 à 3 échevins et de 19 à 17 conseillers. Lionel Dehalu, conseiller d'opposition à Hamois, porte donc un regard plus nuancé sur la mesure.
Réduire le nombre d'échevins est une bonne idée, notamment parce que leur coût est significatif et qu'il est possible de répartir les tâches et la charge de travail dans un collège réduit d'une personne. En revanche, je pense que réduire le nombre de conseillers est une mauvaise idée, car les économies réalisées seront peu significatives. J'y vois un risque de perte démocratique. En réduisant le nombre de sièges au conseil, les petites listes devront obtenir de meilleurs scores pour décrocher au moins un siège.
Avec cette mesure, l'arrondissement de Dinant comptera donc 30 élus communaux de moins en 2031.