Les fortes chaleurs de ces derniers jours ont entraîné une hausse spectaculaire des interventions des pompiers. Au CHU UCL Namur aussi, le weekend a été « intense ».
Pour la zone Dinaphi qui, comme son nom l'indique, couvre les 22 communes de l'arrondissement de Dinant-Philippeville, les quatre derniers jours ont été très éprouvants.
Une journée moyenne, la zone effectue 44 sorties « ambulance ». Ce samedi, pic des interventions pour les ambulances, ce chiffre a été multiplié par 2,5 pour atteindre 111.
| Date | Nb de sorties "ambulance" | Augmentation par rapport à la moyenne |
| 25/6 | 57 | +29% |
| 26/6 | 95 | +115% |
| 27/6 | 111 | +152% |
| 28/6 | 91 | +106% |
Pour les sorties « pompiers » (accidents, incendies…), l'augmentation par rapport à une journée type est encore plus spectaculaire. En temps normal, les pompiers interviennent une dizaine de fois par jour. Ce dimanche, la zone Dinaphi a effectué 49 interventions (jeudi : 24; vendredi : 28; samedi : 28).
Selon le Capitaine Patrice Liétart, porte-parole de la zone de secours, ce surplus d'interventions peut, sans aucun doute, être relié à la chaleur : accidents, feux d'espaces naturels, incendies d'habitations. Il ne relève, par contre, pas ou peu d'imprudences.
Ces derniers jours, on compte également une quinzaine d'interventions pour des fuites de citerne de propane. Les pompiers rappellent d'ailleurs que les citernes installées au soleil accumulent de la chaleur. Le gaz monte alors en pression, ce qui entraîne une ouverture de la soupape de sécurité pour faire baisser la pression. Il est recommandé d'asperger la citerne ou de la recouvrir d'un linge humide et d'éviter dans la mesure du possible de la remplir au maximum de sa capacité.
Des gardes sous toit
Les hommes du feu ont l'habitude d'une hausse du nombre des interventions en période estivale, en particulier dans les communes les plus touristiques mais pas dans de telles proportions. Pour faire face, la zone Dinaphi a mis en place, ce dimanche, des gardes sous toit dans trois casernes (Philippeville, Ciney et Beauraing). Cela implique que des pompiers volontaires étaient postés en caserne plutôt que d'attendre l'appel depuis leur domicile. Une procédure qui pourrait être appelée à se renouveler, selon Patrice Liétart :
Ce n'est pas encore planifié dans notre master plan mais sans cela, on n'aurait pas pu faire face. On aimerait pouvoir renouveler l'opération tous les dimanches de l'été.
De manière plus générale, la zone Dinaphi partage la prise de position de Quentin Grégoire, le président de ReZonWal, le réseau des zones de secours en Wallonie.
Après les inondations, des vents violents dépassant localement les 100 km/h, une canicule exceptionnelle et les orages parfois très violents de cette nuit, les services de secours enchaînent les crises sans véritable période de répit. Ce qui relevait autrefois de situations exceptionnelles tend progressivement à devenir notre nouvelle réalité opérationnelle. Les crises sont plus fréquentes, plus intenses, parfois simultanées, et mobilisent durablement les ressources des zones de secours. Notre engagement ne peut pas constituer à lui seul une politique de sécurité civile. Si nous voulons maintenir un niveau de protection élevé pour la population, les investissements doivent désormais suivre l'évolution des risques.
Un weekend intense au CHU UCL Namur
Au CHU UCL Namur, l'impact de la chaleur s'est également fait sentir ces derniers jours en particulier sur les sites de Dinant et de Sainte-Elisabeth à Namur. Le service des urgences de Dinant a enregistré 120 entrées par jour, ce weekend alors que la moyenne tourne autour de 80 entrées journalières. A Godinne, on atteint 60 entrées par jour, contre 50 en temps normal.
Outre les activités habituelles des urgences, on note des malaises dus à la chaleur ainsi qu'une augmentation des accidents, comme des chutes.
Au niveau des ressources humaines, toutes les personnes prévues au planning ont été mobilisées mais l'hôpital n'a pas dû appeler du personnel supplémentaire. Henri Thonon, le coordinateur des urgences pour le CHU UCL Namur explique :
Toutes nos forces étaient mobilisées. C'était intense mais on a fait face. Nous n'avons pas dû rappeler des gens, ni annuler des opérations prévues, c'est ça l'essentiel.
Le CHU UCL Namur a également dû mobiliser des ressources pour assurer le bon fonctionnement de la climatisation, indispensable au bon fonctionnement de l'hôpital en particulier des salles d'opération.