Après la ménopause, le risque cardiovasculaire augmente fortement chez les femmes. Problème : les symptômes peuvent être moins facilement identifiables que chez les hommes.
Dans son cabinet, Fabian Demeure, cardiologue au CHU UCL Namur (site Godinne), reçoit de plus en plus de femmes. Longtemps considérées comme une problématique essentiellement masculine, les maladies cardiovasculaires touchent pourtant davantage les femmes. Mais chez elles, les symptômes peuvent toutefois être plus difficiles à identifier.
À l'époque, les études étaient principalement menées sur des hommes. Une grande partie de nos connaissances sur les maladies cardiaques vient donc de l'étude des hommes. On se rend aujourd'hui compte que les femmes peuvent développer des maladies assez différentes, avec notamment des symptômes qui ne sont pas tout à fait identiques. Chez un homme victime d'un infarctus, on pense souvent à une douleur dans la poitrine qui irradie vers le bras gauche. Ce symptôme existe aussi chez les femmes mais les symptômes peuvent parfois être moins précis.
Essoufflement inhabituel, douleurs dans le dos, indigestion ou encore fatigue importante : les signes peuvent donc prendre différentes formes. En Belgique, les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité chez les femmes et la deuxième chez les hommes.
Certains facteurs peuvent augmenter le risque cardiovasculaire à plus long terme. C'est notamment le cas de certaines complications liées à la grossesse. Une femme qui développe une hypertension ou un diabète gestationnel sera davantage exposée, au cours de sa vie, au risque de développer une maladie cardiovasculaire.
Une sensibilisation renforcée
Pourtant, lorsqu'elles sont jeunes, les femmes sont globalement mieux protégées face aux maladies cardiovasculaires. Mais à partir de la ménopause, le risque augmente.
Avant celle-ci, les femmes bénéficient d'un certain degré de protection cardiovasculaire et développent généralement ces maladies plus tard que les hommes. Mais au moment de la ménopause, plusieurs facteurs évoluent : le taux de cholestérol et la tension artérielle peuvent augmenter, tandis qu'une prise de poids peut également survenir.
Ces différents changements favorisent l'apparition de maladies cardiovasculaires. Au CHU UCL Namur, la sensibilisation a donc toute son importance.
Il faut d'abord expliquer ce qu'est une maladie cardiovasculaire et faire comprendre, particulièrement aux femmes, qu'elles sont elles aussi concernées. Beaucoup ne se pensent pas forcément à risque. L'objectif est donc de les sensibiliser et de promouvoir un dépistage régulier.
Tabagisme, hypertension, diabète ou cholestérol : plusieurs facteurs augmentent le risque cardiovasculaire. Pour le limiter, les médecins recommandent notamment une bonne hygiène de vie et une activité physique régulière.