Santé

Codeco avancé: un "jeu politique plus que scientifique"

publié le:25/11/2021 18:08:00 - mis à jour: 26/11/2021 11:58:58

La quatrième vague de l'épidémie de Covid-19 fait rage. Un comité de concertation a d'ailleurs été avancé à ce vendredi, une dizaine de jours seulement après les nouvelles mesures. Le point sur la situation.

L'épidémie de coronavirus surfe sur le dessus de sa quatrième vague, à des hauteurs vertigineuses ces derniers jours. A tel point que le record de contaminations au coronavirus a été battu ce lundi: 23.500 cas de Covid-19 ont été détectés en une seule journée. Mais le chiffre est à relativiser quand on connait dorénavant la capacité des centres de testing à faire leur travail, ce qui explique en partie le nombre élevé. En effet, on n'a jamais autant testé qu'à l'heure actuelle. À titre d'exemple, vendredi dernier, près de 132.000 tests ont été effectués.

Mais les chiffres qui comptent sont ceux en rapport avec les admissions dans nos hôpitaux. Eux aussi continuent d'augmenter, de 20% en moyenne par semaine. Ce mardi, il y a encore eu 335 admissions de patients Covid. Ce qui porte le nombre de personnes hospitalisées pour Covid à près de 3.400, dont 686 patients sont traités en soins intensifs.

Inévitablement, les décès sont également en hausse de manière constante: 37 personnes décèdent du Covid par jour. 

À quand une meilleure situation ? 

Du côté des scientifiques et des experts, on s'attend à une stabilisation de la situation dans les prochaines semaines. Mais les signes annonciateurs tardent à arriver, comme nous l'explique le Cinacien et chercheur de l'UNamur Nicolas Franco. Il travaille sur les prédictions de l'épidémie:

Jusqu'à ce fameux moment où les chiffres vont descendre, il y a quelques semaines particulièrement difficiles qui nous attendent avec des hôpitaux fort chargés et des reports d'autres opérations qui vont perdurer. On ne sait jamais exactement jusqu'où les chiffres vont monter. Ils peuvent grimper jusqu'à 700, 800 ou 900 personnes en soins intensifs. Mais on pense que la situation devrait se stabiliser et les chiffres redescendre avant qu'ils n'atteignent les 1.000 lits.

L'enjeu aujourd'hui, comme depuis toujours, reste de ne pas dépasser ce seuil des 1.000 patients Covid en soins intensifs. Ce qui correspondrait à 50% de la capacité d'accueil des hôpitaux du pays en USI, l'acronyme pour "unités de soins intensifs".

Un Codeco précipité

Au vu de la gravité des chiffres et des différentes projections des scientifiques, le gouvernement fédéral a avancé son comité de concertation à ce vendredi, une dizaine de jours seulement après le précédent. Les ministres ont sans doute été poussés à le faire par les experts qui les entourent mais aussi par les gouverneurs des différentes province du pays qui ont tiré la sonnette d'alarme. Denis Mathen, le gouverneur namurois, demande une cohérence dans les futures mesures. Les évènements de masse prévus pour cette fin d'année, comme les traditionnels marchés de Noël, sont évidemment pointés du doigt.

Surtout pour éviter que nous prenions des mesures divergentes dans nos provinces respectives. Elles ne feraient qu'ajouter à la confusion et à la difficulté de les voir acceptées par la population. S'il y a des mesures à prendre, il faut que celles-ci soient les plus cohérentes et les plus unanimes possibles au niveau d'un territoire. C'est le rôle du gouvernement fédéral.

Pour le mathématicien Nicolas Franco, les mesures à venir n'auront pas d'effets immédiats:

Elles n'auront pas beaucoup d'influence sur la montée des chiffres mais plutôt sur la vitesse de descente et combien de temps les hôpitaux vont être en charge maximale. On entre désormais dans un jeu plus politique que scientifique. Est-ce qu'on privilégie plutôt l'ouverture de tous les secteurs à 100%, comme c'est le cas pour l'instant ? Ou est-ce qu'on essaye de soulager un peu les hôpitaux ?

Sur la table du Kern de ce jeudi soir, en prévision du Codeco de demain, les discussions devraient tourner autour de l'accélération de l'administration de la troisième dose de vaccin, de la fermeture des lieux à haut risques comme les discothèques, de l'avancement à minuit de l'heure de fermeture de l'Horeca mais aussi de l'annulation de certains évènements en intérieur. 

 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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