La zone de secours Dinaphi souhaite permettre à davantage d'ambulances de partir directement depuis une caserne. Mais plusieurs projets restent suspendus aux décisions du fédéral.
Améliorer la couverture ambulancière du territoire et réduire les délais de départ : c'est l'un des objectifs du master plan de la zone de secours Dinaphi. Sur ses quatorze ambulances agréées, douze sont déjà sous toit, avec des ambulanciers prêts à partir depuis leur caserne.
Les deux autres ambulances fonctionnent encore avec un système de garde à domicile. Les ambulanciers doivent alors rejoindre leur poste avant de pouvoir prendre la route. Un délai supplémentaire que la zone et son commandant, Philippe de Wergifosse, souhaitent réduire:
Les deux autres prennent plus de temps à démarrer. Le système actuel implique que l'ambulancier, qui est chez lui, doit d'abord revenir à la caserne, prendre l'ambulance et partir.
Un poste déjà construit à Chastrès
Pour Dinaphi, l'objectif est donc de permettre à ces ambulances de fonctionner selon le même système. À Chastrès, dans la commune de Walcourt, le poste est déjà construit et prêt à accueillir une ambulance transférée depuis Beauraing. Mais, comme l'annoncent nos collègues de la RTBF, malgré les démarches entreprises et un accord de principe évoqué avec le fédéral, le feu vert officiel se fait toujours attendre.
On a construit le poste, il est prêt. On a recruté une centaine d'ambulanciers et ils sont prêts à travailler sous toit.
Pour le commandant, le projet répond à un véritable besoin sur le terrain.
Chastrès, ce n'est pas un petit secteur. La commune compte environ 10.000 habitants et on y dénombre quelque 1.500 appels par an. Avoir une ambulance à cet endroit est stratégique.
Une procédure fédérale à respecter
Du côté du SPF Santé publique, on rappelle que la création de nouvelles permanences d'aide médicale urgente ne relève pas directement de la compétence des zones de secours. Elle nécessite une procédure spécifique, avec une décision du ministre de la Santé et un appel à candidatures. Vinciane Charlier, du SPF Santé publique, précise :
Si on veut installer une nouvelle permanence d'aide médicale urgente, qui est le cas ici, la procédure est très réglementée. Il faut en fait une décision du ministre de la Santé publique qui devra alors organiser un appel à candidature. Donc, on n'a pas le choix, c'est vraiment la procédure qui exige cela.
Avant cela, un arrêté de programmation doit déterminer combien de permanences d'aide médicale urgente sont nécessaires sur l'ensemble du territoire belge. Il est attendu d'ici la fin de l'année 2026.
Cet arrêté va déterminer le nombre de permanences nécessaires sur l'ensemble du territoire belge. Ensuite, on pourra voir si une permanence est nécessaire dans cette zone. Il n'y a donc pas de rejet du master plan. Malheureusement, ils doivent attendre l'arrêté de programmation et une décision ministérielle.
Le blocage serait donc avant tout juridique et administratif. Sur le fond, le SPF ne remet pas en cause le master plan de Dinaphi, qu'il considère comme valable et pertinent. Mais pour le fédéral, la zone a anticipé les autorisations nécessaires en intégrant ces nouvelles permanences à son projet. Une lecture que ne partage pas Philippe de Wergifosse. Le commandant rappelle que les démarches avaient été entreprises en amont et que les investissements ont été décidés sur la base des échanges avec les autorités.
En attendant, Dinaphi doit patienter avant de concrétiser ses ambitions. Pour la zone, l'enjeu reste d'améliorer les délais de départ des ambulances et de renforcer la couverture de secteurs comme Chastrès ou Havelange. La suite dépendra désormais de la procédure fédérale.