La direction et le personnel du Bâti à Gedinne multiplient les initiatives. Ils ont décidé de s’ouvrir davantage au public, avec un objectif : se faire connaître et mobiliser les soutiens.
À Houdremont, dans la commune de Gedinne, le centre pour personnes en situation de handicap, Le Bâti, se bat pour assurer sa pérennité. Si une fermeture n'est pas d'actualité, l'ASBL ne roule pas sur l'or. Pourtant, les dépenses d'un tel établissement sont bien réelles, notamment pour le matériel indispensable à l'accompagnement des résidents. Marie Lambert, l'une des éducatrices, donne un exemple :
Aujourd'hui, nous ne disposons que d'un seul élévateur pour les quatre résidents en chaise roulante. C'est un équipement indispensable et nous aurions réellement besoin d'en acquérir un deuxième. Mais son coût est trop élevé pour que l'ASBL puisse se le permettre. Nous devons donc faire sans, ce qui nous fait perdre un temps précieux que nous pourrions consacrer davantage aux résidents. Un soutien financier supplémentaire serait vraiment le bienvenu.
Didier Laurent, également éducateur, pointe un autre poste de dépenses : l'entretien des bâtiments.
Les frais liés au bâtiment ne cessent eux aussi d'augmenter. Il a une trentaine d'années et nécessite aujourd'hui plusieurs rénovations. C'est regrettable que les questions financières restent constamment au cœur de nos préoccupations.
Des actions pour récolter de l'argent
Le problème est en fait directement lié aux subsides. Ses origines remontent à la création du centre, en 1987. À l'époque, les Frères religieux qui géraient l'institution n'avaient pas jugé nécessaire de solliciter plus de 40 % de subsides auprès de l'AWIPH, l'ancêtre de l'AVIQ, l'Agence pour une vie de qualité. Et quelques années plus tard, l'agence a instauré un moratoire sur les nouvelles demandes de subsides, explique Anaïs Lowyck, responsable du Bâti.
Cela a entrainé une mise en suspens des demandes liées aux agréments. Aujourd'hui, notre objectif est de montrer à l'AVIQ que nous voulons poursuivre notre mission et obtenir un agrément financé à 100 %. Ce serait indispensable pour assurer notre équilibre financier et continuer à accompagner nos résidents dans les meilleures conditions.
Pour l'instant, l'AVIQ refuse toujours de porter le financement à 100 %. L'ASBL doit donc compter sur les dons, notamment ceux du Lions Club et du Rotary Club, mais aussi multiplier les initiatives pour renflouer ses caisses. Parmi elles, la vente de sachets de friandises. Les résidents en préparent actuellement 1100.
Nous organisons également un dîner annuel qui rassemble environ 200 personnes. Le 15 février, nous proposerons notre premier concert de gala à la Tannerie, et nous prévoyons aussi une marche ADEPS. Les idées ne manquent pas ! Nous essayons de trouver des financements par différents moyens, tout en poursuivant nos démarches auprès de l'AVIQ pour obtenir cet agrément à 100 %. Nous nous battons sur tous les fronts.
Pour se faire davantage connaître, le centre s'est aussi ouvert sur l'extérieur. Il participe à de plus en plus d'activités dans la commune et développe des collaborations avec les écoles. Les difficultés financières, elles, restent bien présentes mais Le Bâti espère que cette visibilité grandissante lui permettra de mobiliser davantage de soutiens et, à terme, de consolider son avenir.