Avec 3,4 dentistes pour 10 000 habitants, l’arrondissement de Dinant est le moins bien doté du pays. À Hamois, deux jeunes dentistes se sont installées en février, mais leurs agendas sont déjà complets.
Le cabinet dentaire de Hamois a ouvert ses portes en février dernier. Deux jeunes dentistes, dont Maureen Quertinmont, ont choisi de s'y installer. Quelques mois plus tard, les agendas sont déjà bien remplis, presque trop.
On reçoit énormément d'appels, principalement pour des urgences. Ça montre bien qu'il y a une demande importante et que les patients sont en difficulté pour trouver un dentiste.
Cette nouvelle offre de soins ne suffit donc pas à répondre à toutes les demandes. Au cabinet, les inscriptions s'enchaînent et il faut déjà organiser les rendez-vous plusieurs semaines à l'avance, comme le souligne Nathalie Bellery, assistante dentaire :
L'agenda est complet jusqu'en décembre. On garde malgré tout deux ou trois créneaux par semaine pour les urgences. On ne va pas laisser quelqu'un avec une rage de dents sans solution.
Des dentistes davantage attirés par les grandes villes
Le cas de Hamois illustre une pénurie particulièrement marquée dans la région. Selon la carte fédérale des dentistes actifs, l'arrondissement de Dinant compte seulement 3,4 dentistes pour 10 000 habitants. C'est le taux le plus faible du pays, pour une moyenne nationale de 6,7. C'est un fait, les grandes villes attirent davantage les praticiens, tandis que les zones plus éloignées peinent à en attirer de nouveaux. Hadrien Duterme, président de la Chambre de médecine dentaire, le confirme:
Un jeune diplômé va plus facilement s'installer à Bruxelles, dans la périphérie ou dans une région proche d'un grand centre. Dans les zones plus éloignées, c'est plus compliqué d'attirer de nouveaux praticiens. À la capitale, vous pouvez avoir un rendez-vous le lendemain chez certains confrères. Il y a d'un côté des désers médicaux alors qu'à Bruxelles, il y a un dentiste à tous les coins de rue.
Pour le président de la Chambre de médecine dentaire, il faut donc rendre ces territoires plus attractifs pour les jeunes praticiens. Des mesures incitatives, notamment financières, pourraient contribuer à mieux répartir les dentistes sur le territoire.
Le gouvernement pourrait agir en rendant certaines régions plus attractives, notamment sur le plan financier, pour encourager les jeunes dentistes à s'y installer. C'est le cas dans certains villages en France où on met à disposition une voiture de fonction au médecin qui s'installe.
Deux nouvelles dentistes à Hamois
Les deux jeunes dentistes hésitaient entre trois communes condrusiennes pour s'installer. Convaincues par les arguments de la bourgmestre, elles ont choisi Hamois.
La commune de Hamois a réagi à notre appel. La bourgmestre a pris contact avec nous, sans pouvoir nous proposer directement un terrain ou un bâtiment, mais en nous mettant en relation avec des personnes de la commune susceptibles de nous aider à concrétiser notre projet.
En province de Namur, 392 dentistes disposent du droit de pratiquer et près de quatre dentistes généralistes sur dix ont 65 ans ou plus. Ces prochains départs à la pension risquent de laisser davantage de patients sans praticien.