Patrimoine

Un ouvrage souterrain vieux de 150 ans retarde le chantier de voiries à Bouvignes

publié le:28/10/2026 19:34:00 - mis à jour: 29/10/2026 15:44:31

Une majestueuse canalisation pavée vieille de 150 ans, jusque-là enfouie sous la route, a du être rouverte, après un problème lié aux travaux.

Une énorme canalisation pavée traverse le village de Bouvignes sur plusieurs centaines de mètres. Une partie se retrouve temporairement à ciel ouvert. C'est l'occasion de découvrir ce pertuis, un ouvrage exceptionnel construit en 1873, qu'admire Jean Colot, habitant de Bouvignes et grand connaisseur de l'histoire du village.

Les égouts y sont évidemment raccordés, mais à l'origine, l'ouvrage servait surtout à évacuer le ruisseau. C'est quelque chose d'exceptionnel quand on voit comment il a été construit, avec la hauteur des voûtes notamment. On se dit que nos anciens ont réalisé des ouvrages remarquables. En 1873, il n'y avait ni bulldozers ni machines : ils ont construit tout cela de leurs mains.

Sauf que le plafond vouté de cette canalisation vieille de 150 ans a déjà été partiellement détruite. En cause : un problème sur le chantier de rénovation des voiries de Bouvignes, explique Julien Floymont, échevin des travaux à Dinant.

On s'est rendu compte qu'avec la voûte du pertuis, les pavés allaient se retrouver beaucoup trop haut par rapport à la finition des trottoirs. Cela aurait donc posé un problème pour l'évacuation des eaux. Les sondages ne nous avaient pas permis de le voir au début des travaux. Nous avons donc dû casser une partie du pertuis. Des prédalles en béton vont être posées, puis nous coulerons du béton sur les pieds de voûte avant de replacer les pavés.

Une perte de patrimoine dénoncée

Pour certains habitants de Bouvignes, c'est une véritable perte de patrimoine, une dégradation qui, selon eux, aurait pourtant pu être évitée. Un avis partagé par Jean Colot.

On a découvert quelque chose de beau, mais ça m'a fait mal au cœur de voir un ouvrage comme celui-là détruit. Je n'aurais jamais imaginé que des ingénieurs ne prennent pas en compte le fait que les pavés doivent être au même niveau partout. Ici, il a donc fallu casser. Finalement, c'est une bêtise, parce qu'on aurait pu y réfléchir avant et éviter d'endommager ce beau vestige de notre patrimoine.

L'ouvrage restera malgré tout opérationnel pour évacuer les eaux. Mais cet imprévu entraîne un retard sur le chantier, explique Julien Floymont.

Nous sommes vraiment dans la dernière phase du chantier. En toute logique, la rue aurait dû être rouverte dans le courant du mois d'octobre. Nous prévoyons désormais une réouverture pour la fin novembre. La dernière partie, entre la rue Richier et l'église, sera moins problématique. Nous tablons toujours sur une fin des travaux pour la fin de l'année, ou début 2027 au plus tard.

En attendant, il reste peu de temps pour observer ce pertuis et son architecture remarquable pour l'époque. Il a été nettoyé à l'occasion du chantier, permettant également de redécouvrir ses pierres de pavement.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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