Chantier

Collégiale de Dinant : des archéologues mènent des fouilles sur le chantier de restauration

publié le:10/09/2026 17:18:00 - mis à jour: 12/09/2026 23:51:11

Le porche sud de la collégiale de Dinant est en restauration depuis le mois de mars dernier. Des archéologues en profitent pour mener des fouilles sur le sous-sol mis au jour notamment.

Ces deux dernières semaines, la pelleteuse y est allée plus en douceur sur le chantier de la collégiale à Dinant. Des archéologues ont profité des travaux de restauration et, en particulier, de la mise au jour du sous-sol devant le porche pour mener des fouilles. On appelle cela, dans le jargon, de l'archéologie préventive, menée avant la destruction. Marie Verbeek, archéologue à l'Agence wallonne du Patrimoine :

Une fois que ce sera creusé, ce patrimoine sera perdu. Cela veut dire que nous devons l'enregistrer avant sa destruction. Ca nous permet d'obtenir des informations sur le bâtiment et donc d'augmenter sa connaissance. Et plus on connaît un bâtiment, au mieux on sait le restaurer.

L'hypothèse d'un collège de chanoines sur la place

Pour les archéologues, la partie du sous-sol mis au jour à l'avant du porche va peut-être permettre de retracer une partie de l'histoire des lieux, encore floue à l'heure actuelle. Le porche date du XIVe siècle, mais pourquoi est-il situé sur le côté de l'édifice ? Qui rentrait par là à l'époque ? Plusieurs questions qui mènent les archéologues sur la piste d'une construction adjacente, comme celle d'un collège pour chanoines, sur la place actuelle. L'archéologue poursuit :

On est dans la zone où l'on pressent la présence d'un cloître, puisqu'une collégiale est un bâtiment qui abrite aussi un collège de chanoines. Et ces chanoines devaient aussi pouvoir habiter quelque part. On pressent qu'au début du Moyen Âge, en tout cas, il devait se trouver une sorte de couvent de ce côté-ci. Cette hypothèse est évidemment en chantier depuis longtemps déjà. On essaie de la vérifier au fur et à mesure des opérations archéologiques. Ici, on a certains éléments qui nous renseignent surtout sur l'histoire de cette partie de la collégiale, et pas encore tout à fait sur le cloître.

D'anciennes maisons accolées à la collégiale

Ces fouilles ont tout de même apporté des traces plus concrètes du passé. Comme certaines pierres, qui constituent les fondations d'anciennes maisons accolées à la collégiale. Marie Verbeek explique :

Ce sont de petites maisons qui étaient tout à fait habitées. D'ailleurs, on a encore des documents iconographiques, comme des cartes postales, par exemple, ou des gravures anciennes où on les voit. Ce sont de petites maisons qui étaient accolées à la collégiale. Nous, on a retrouvé à la fois des murs de ces maisons et des aménagements, comme par exemple une fosse de latrines.

Le niveau du sol était bien plus bas !

Et puis, on peut aussi très clairement observer des blocs de fondation qui montrent que le niveau du sol était bien plus bas auparavant, raconte l'archéologue :

Le niveau du sol se trouvait beaucoup plus bas que le niveau du sol actuel. Il est carrément un mètre vingt plus bas. Et là, il y a un niveau de sol qui a été bien perçu archéologiquement, puisque ce sont bien des graviers qui sont posés horizontalement. Donc, un vrai niveau de sol. Et ça, ça nous permet de réenvisager ce portail sous un angle tout à fait différent, puisqu'il faut en fait l'imaginer avec un niveau de sol beaucoup, beaucoup plus bas.

Il y a donc ce qui se passe en bas, ou plutôt ce qui s'était passé en bas, mais il y a également ce qui est visible plus haut. Les observations extérieures du bâtiment font elles aussi partie des missions de ces archéologues, et ce, de manière plus continue tout au long du chantier.

Des travaux de restauration encore en 2027

Le chantier de restauration a repris son rythme de croisière après ces fouilles archélogiques. Il devrait se clôturer d'ici la fin de l'année. Le travail, plus minutieux, sur le porche intérieur, quant à lui, sera un peu plus long et se poursuivra encore durant l'année prochaine.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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