Crise agricole: "Même l'opinion publique est avec nous"

publié le:07/09/2015 11:27:43 - mis à jour: 07/09/2015 12:01:23

Cyrille Baudoin Agriculture Onhaye Agriculteur

A Onhaye, le nombre d'exploitations agricoles a diminué de moitié en quinze ans. L'échevin de l'agriculture Cyrille Baudoin, ancien agriculteur lui-même, soutient la manifestation à Bruxelles.

  • "On arrive à des prix de vente qui correspondent au début de ma carrière, en 1970. Avec les hausse des coûts, c'est intenable, heureusement on a des hausses de rendement qui compensent. A Onhaye, il y a une grande diversification dans nos exploitations agricoles. C'est ce qui assure leur survie."
  • "Un jeune qui ne vient pas de l'agriculture ne saurait pas reprendre. Moi j'ai adoré mon métier toute ma carrière. Mon fils a repris l'exploitation et aime son métier. Il ne fait pas de lait, il fait de la culture industrielle et de l'entreprise sur le côté".
  • "On parle de circuits courts. A Onhaye, on a certains agriculteurs qui font le fromage de Chertin et le fromage de Sommières, mais à part cela les autres exploitants ne font pas de vente directe. Il y a trois mois on a mis en place un circuit court de vente à Anthée, mais cela n'a pas eu le succès voulu: ils étaient cinq, on avait des légumes, des fraises..."
  • Je ne crois pas que la commune a le pouvoir de changer quelque chose: ce sont des enjeux européens. En tant qu'échevin de l'agriculture, on me sollicite plutôt pour des sécheresses ou des calamités. Jusqu'à l'heure actuelle, j'ai une demande pour la sécheresse de cet été, je vais mettre la commission en route pour étudier le dossier."
  • "En 2000, il y avait 72 exploitations, en 2010 c'était 50, aujourd'hui 35 dont 5 en métier complémentaire. Cela diminue tout le temps. Le malheur dans l'agriculture, c'est qu'on n'a pas assez de revenus pour prendre de la main-d'œuvre. Il y a  des agriculteurs qui commencent à 6h du matin et terminent à 20h tous les jours, samedis et dimanches compris. Il y a de la main-d'œuvre disponible mais on n'a pas assez de marge pour la payer."
  • "J'ai toujours été fervent d'aller des manifestations quand il y a de gros problèmes en agriculture. Cette année, ce qu'on ressent, c'est que même l'opinion publique est avec nous. Cela peut avoir une influence sur les décideurs politiques."

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