Patrimoine

Dans l’atelier où les saxophones géants de Dinant se refont une beauté

publié le:26/10/2026 16:37:00 - mis à jour: 27/10/2026 11:21:29

À Dinant, les saxophones géants attirent les touristes. Mais que deviennent-ils lorsqu’ils quittent le pont Charles-de-Gaulle ? Certains sont prêtés, d’autres réparés dans un atelier de Houyet.

À Dinant, les saxophones géants attirent les touristes et font partie des images emblématiques de la ville. Pourtant, les 36 instruments de la collection ne sont pas toujours tous présents dans les rues de la cité mosane. Certains partent en voyage, le temps d'un prêt à une autre ville ou à l'occasion d'un événement, comme le confirme Lison Pral, animatrice à l'Association Internationale Adolphe Sax de Dinant.

On en a plusieurs qui sont stockés pour pouvoir être prêtés, puisqu'on a très régulièrement des demandes, notamment pour les festivals de jazz.

D'autres instruments doivent, eux, passer entre les mains de réparateurs. Car exposés aux intempéries et aux gestes parfois malheureux des visiteurs, ces saxophones géants ne sont pas à l'abri des dégâts.

À Houyet, Dimitri Perpète leur redonne une seconde jeunesse

Direction Houyet, dans l'atelier de Dimitri Perpète. Cet artisan connaît bien les saxophones dinantais : tous sont un jour passés entre ses mains. Aujourd'hui, il s'occupe notamment de réparer ceux qui ont été endommagés. Certaines parties, comme le pavillon, sont particulièrement fragiles. Il arrive que des visiteurs s'y installent pour prendre une photo, au risque de fissurer la matière.

Ça ressemble beaucoup à de la carrosserie, en fait. C'est du polyester, ce n'est pas de la tôle, autrement c'est la même chose. Après, c'est masquage, du masquage et beaucoup de débrouille.

Au-delà des réparations, Dimitri Perpète est aussi celui qui a donné leurs couleurs aux saxophones géants de Dinant. 

Au départ, la décoration était faite avec des autocollants. Mais avec les variations de température et les nombreuses courbes des saxophones, ils ont fini par se détériorer. Et quand les gens voyaient un autocollant qui se décollait, au lieu de le laisser tranquille, ils tiraient dessus, ce qui abîmait encore plus la décoration. L'association m'a alors contacté pour trouver une solution plus durable. Comme je travaillais déjà le polyester et la peinture, on m'a demandé conseil pour améliorer leur résistance au vieillissement. C'est comme ça que j'ai commencé à les peindre.

Après leur passage à l'atelier, les saxophones réparés pourront retrouver leur place sur le pont ou rejoindre d'autres destinations. De quoi continuer à faire rayonner Dinant, en Belgique comme ailleurs.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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