Patrimoine

Onhaye : le retable de Saint-Walhère retrouve sa place après 6 ans de restauration

publié le:16/09/2026 08:38:00 - mis à jour: 17/09/2026 14:46:33

Très abîmé, le retable était loin d’être assuré de retrouver son éclat d’origine. Mais le résultat dépasse aujourd’hui toutes les attentes, ce qui réjouit la MPMM, à la tête de ce projet de restauration.

L'église Saint-Martin a un nouvel occupant : une pièce majeure du patrimoine d'Onhaye. Le retable de Saint-Walhère trône désormais au fond de l'édifice religieux. Il paraît presque neuf. Pourtant, il y a six ans, lorsque sa restauration a débuté, son état était particulièrement préoccupant. Aurélie Stuckens, directrice de la Maison du patrimoine médiéval mosan (MPMM), a coordonné ce projet.

Le retable était notamment attaqué par des insectes xylophages, qui se nourrissent du bois. La première étape a donc consisté à stopper cette attaque. Certaines parties étaient également manquantes ou étaient tombées. Un important travail de démontage, de nettoyage et de retrait des différentes couches de vernis a donc été nécessaire. Aujourd'hui, l'œuvre est consolidée et prête à affronter les prochaines années.

Ce résultat est le fruit d'un travail colossal mené par Corinne Van Hauwermeiren, des Ateliers Conservart. La précision de la restauration redonne presque vie aux quatre scènes représentant la vie de Saint-Walhère. Elle permet surtout d'assurer la pérennité de cette structure en bois, vieille de 460 ans et qui était autrefois installée derrière l'autel de l'église. Cette position démontre une nouvelle fois l'importance accordée à Saint-Walhère dans la vallée de la Haute Meuse.

Saint-Walhère serait né à Bouvignes, il était prêtre à Onhaye et aurait été assassiné d'un coup de rame sur le crâne alors qu'il traversait la Meuse à Hastière. Son histoire relie donc les communes de Dinant, Hastière et Onhaye. Il reste aujourd'hui un saint populaire, même s'il n'a jamais été officiellement canonisé par l'Église. Cette ferveur populaire l'a rendu très présent dans les communautés rurales durant plusieurs siècles, notamment parce qu'il était considéré comme un protecteur du bétail et contre les maux de tête.

Un donateur privé sauve le projet

Aujourd'hui encore, Saint-Walhère conserve une certaine popularité à Onhaye. La commune entend d'ailleurs continuer à valoriser cette figure locale, explique Arnaud Gérard, échevin du patrimoine et du culte à Onhaye.

La restauration du retable s'inscrit dans un projet beaucoup plus large de valorisation du patrimoine lié à Saint-Walhère. La commune a notamment fait restaurer entièrement une collection de vitraux consacrés au saint, avec l'objectif de leur redonner tout leur éclat et de mieux mettre en valeur cet héritage.

Le retour du retable est donc une bonne nouvelle, après six années d'attente. Mais pourquoi un tel délai ? Aurélie Stuckens l'explique notamment par la difficulté à réunir les financements.

Obtenir des financements demande du temps. Les appels à projets permettant de bénéficier de ce type de soutien ne sont organisés que périodiquement, souvent une seule fois par an. Lorsqu'un dossier n'aboutit pas, il faut donc parfois attendre l'année suivante pour retenter sa chance. La restauration s'est ainsi construite progressivement, comme un puzzle dont les pièces ont été assemblées au fil du temps.

La restauration a finalement pu être menée grâce au soutien de la commune, de la Fondation Périer-D'Ieteren, de la Province de Namur et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais surtout grâce à un donateur privé. Sur les 50.000 euros nécessaires à la restauration, 32.000 euros proviennent de ce mécène. Prochaine étape : la restauration de la chasse de Saint-Walhère. Dans les prochains mois, la commune réfléchira également à de nouvelles façons de mettre encore davantage le personnage en valeur.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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