Dans son nouveau permis d'environnement, la société Dinant Évasion s'est vue contrainte d'installer des portiques de comptage de kayaks. Aucune technologie n'existe en la matière, il fallait donc innover.
La descente de la Lesse est une activité touristique phare de la région dinantaise. Une rivière prisée que les autorités tiennent à protéger. Lors du renouvellement du permis d'environnement, le ministre Carlo Di Antonio a imposé à la société Dinant Évasion d'installer des portiques pour contrôler le nombre de kayaks mis à l'eau. Une norme inédite qui contraint Olivier Pitance à devoir innover.
Les conditions du permis disaient juste « portiques de comptage ». Donc on a dû chercher la technologie ad hoc. On a essayé les puces RFID, mais ça ne marche pas. Maintenant, on est en train de mettre au point la prise par des caméras dont l'objectif est d'assimiler aux détecteurs de mouvement.
Olivier Pitance a pris contact avec un centre de recherche montois afin mettre en place ce système de comptage. Anne-Sophie Bridoux, ingénieure en charge du projet, nous explique comment devrait fonctionner ce système.
Le but c'est de détecter les kayaks sur base d'informations de mouvement d'une part, mais également sur base d'indice colorimétrique pour différencier les kayaks selon les différentes couleurs. Pouvoir compter les bleus, les rouges et pouvoir les différencier des autres loueurs, les kayaks jaunes en l'occurrence. Les informations de comptage obtenues seront envoyées via un cloud sécurisé à la DNF
Le système de comptage devait être opérationnel pour le 1er mai, mais cela est techniquement impossible. En attendant, ce sont des puces installées dans les kayaks, qui servent à l'identification des utilisateurs, qui assureront l'intérim comme l'explique Olivier Pitance
Ce principe nécessite une banque de données donc une acquisition d'images sur lesquelles sera calibré le programme informatique. Mais évidemment, tout ça prend du temps et nous avons demandé une dérogation pour la saison touristique 2018 pour que le système de scan en vigueur actuellement puisse servir de comptage.
Si Olivier Pitance est le premier à qui cette législation s'applique, elle devrait suivre pour d'autres. Du côté des Kayaks Libert, autre exploitant dinantais, rien n'a encore été imposé, mais la procédure est en cours. Christian Lusignan, directeur administratif, regrette surtout que ce système de comptage soit imposé depuis que Dinant Evasion ait demandé une augmentation du nombre de kayaks mis à l'eau.
Notre déception, c'est de voir que malgré qu'on ait moins de la moitié des kayaks de notre concurrent, on se retrouve avec les mêmes contraintes qui financièrement sont assez lourdes à mettre en place.
Reste à savoir si cette mesure de comptage permettra réellement de limiter les dégradations sur la Lesse. Rien n'est moins sûr.
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