Pour des raisons de sécurité, les bateaux ne pourront pas naviguer le 15 août pendant les baignoires. Cette décision ne plait évidemment pas aux sociétés de croisières dinantaises.
La régate des baignoires du 15 août anime chaque année la Meuse et ses abords à Dinant. Mais en 2024, pour la première fois en 42 ans, le fleuve est resté plutôt calme avec l'interdiction de naviguer pendant l'évènement. Cette année encore, les autorités ont décidé que les bateaux resteraient à quai durant la course pour une question de sécurité, explique Richard Fournaux, bourgmestre de Dinant.
Auparavant, on avait des embarcations très légères mêlées à des canoës à moteur, des kayaks, des gros bateaux touristiques... ce qui était extrêmement difficile à organiser et sécuriser. Donc, depuis un an, les voies hydrauliques et navigables de la Région wallonne ont demandé qu'on sépare les deux pour ne plus avoir cette cohabitation.
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Une interdiction "regrettable" et "inéquitable"
Cette décision ne fait pas les affaires des sociétés de croisières dinantaises, pour qui le 15 aout est une des journées les plus importantes de la saison. Adrien Despas travaille au département croisières chez Dinant Evasion.
On trouve ça regrettable parce que ça a toujours fait partie du folklore dinantais d'avoir des croisières en même temps que la régate des baignoires.
De son côté, Marc de Villenfagne, administrateur de la compagnie des Croisières Mosanes, trouve la situation injuste et inéquitable.
Je ne vois pas pourquoi on décide qu'un tel évènement a la priorité sur une activité touristique et économique. Ce que je constate, c'est qu'en 2020 et 2021, il n'y a pas eu de régate de baignoires parce qu'on sortait du Covid et on n'a jamais eu un 15 août aussi extraordinaire sur le plan touristique.
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Barrière flottante ou pas de baignoires tous les deux ans
La piste d'une barrière flottante, déjà proposée l'année passée, est revenue sur la table pour permettre aux bateaux de naviguer le long d'une rive pendant la régate. Mais cette solution plutôt coûteuse ne fait pas l'unanimité, selon Richard Fournaux.
Nous avons essayé de concilier les parties en proposant à chacun de financer une barrière flottante au milieu de la Meuse pour permettre aux bateaux touristiques de circuler sur une rive et les baignoires sur l'autre rive. Malheureusement, nous n'avons pas pu concilier les différents points de vue.
Pour Marc de Villenfagne, c'est aux organisateurs de l'évènement à financer cette barrière ou à laisser la place aux bateaux de croisière une année sur deux.
Pourquoi ne pas faire une biennale pour couper la poire en deux ? On a donné la priorité aux baignoires l'année dernière, on pourrait donner la priorité aux exploitants touristiques cette année.
Mais cette proposition semble peu probable, vu le succès populaire rencontré chaque année par les baignoires. Les croisiéristes devront donc se limiter à ouvrir leur ponton aux visiteurs qui veulent boire un verre pendant la régate. La navigation restera autorisée avant le départ à 15 heures et après l'arrivée, dès 18 heures.