Culture

Dinant : une exposition démonte les mythes du Moyen Âge sur le loup

publié le:18/07/2025 13:57:00 - mis à jour: 22/07/2025 10:59:05

Et si le grand méchant loup n’était pas si méchant ? C’est ce que suggère la nouvelle exposition temporaire de la Maison du Patrimoine médiéval mosan à Dinant.

Depuis toujours, l'Homme chasse pour se nourrir ou se vêtir. Mais à partir du Moyen Âge, un nouveau facteur entre en jeu : le plaisir… et surtout la peur. L'exposition temporaire de la Maison du Patrimoine médiéval mosan explore ce changement de regard, en s'arrêtant sur une victime emblématique : le loup. À cette époque, l'animal voit son image se transformer. Aurélie Stuckens, responsable scientifique de l'exposition, explique :

C'est à partir du Moyen Âge que le loup a particulièrement été diabolisé à partir d'une image très négative, et on voit apparaître à la fin de l'époque médiévale des chasseurs spécialisés.

À partir de cette période, on le représente de façon agressive, ce qui progressivement crée des mythes.

Le loup dérange et fait peur pour différentes raisons. Bien sûr, pour les attaques plus ou moins fréquentes, plus ou moins isolées contre le bétail, beaucoup plus rarement contre les êtres humains.

La peur alimente la traque. Rien qu'en province de Namur, plus de 5.600 loups auraient été tués autour du XVe siècle. Des primes étaient accordées pour chaque animal abattu. Des objets de chasse retrouvés lors de fouilles archéologiques témoignent de cette pratique. Anne-Lise De Longueville, médiatrice pédagogique, décrit les méthodes employées :

Il faut savoir que pour la chasse, on utilisait souvent les chiens. Les chiens avaient un rôle important puisque c'était la chasse à courre. Donc on lançait des chiens à la poursuite des animaux sauvages. Et puis on utilisait notamment, par exemple, des épées pour simplement mettre à mort l'animal une fois qu'il était attrapé.

Comprendre le passé pour penser le présent

L'exposition ne s'arrête pas à l'histoire. Elle ouvre aussi un regard sur notre époque. Après avoir disparu de Belgique à la fin du XIXe siècle, le loup est aujourd'hui de retour. Mais sa mauvaise réputation persiste, et la cohabitation reste difficile.

Le statut du loup vient d'ailleurs d'évoluer : il n'est plus « strictement protégé », mais simplement « protégé ». Une décision qui pourrait rouvrir la voie à la chasse sous conditions. Pour Aurélie Stuckens, cette exposition est l'occasion de prendre du recul :

On a envie d'inviter à une réflexion simplement, en prenant de la perspective, en prenant du recul, en regardant comment ça s'est passé dans le passé, comment nos prédécesseurs ont agi par rapport aux animaux sauvages et notamment par rapport au loup. Ce à quoi ça a mené aussi, les impacts que certaines disparitions animales ont eus.

Accessible aux adultes comme aux enfants, grâce à un livret et des activités pédagogiques, l'exposition est à découvrir jusqu'en janvier à la Maison du Patrimoine médiéval mosan.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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