Si son installation pour 5 ans à cet endroit a un objectif pratique, écologique et économique, il n’empêche que des riverains se plaignent de conséquences de cette activité supplémentaire.
La carrière de Leffe a un nouvel occupant : une centrale à asphalte, installée au-dessus de l'exploitation pour les cinq prochaines années. Production moyenne : 450 tonnes de tarmac par jour, ensuite acheminées par camion vers différents chantiers. Pour certains riverains, c'est un problème. Marc, habitant du village voisin de Loyers, est régulièrement réveillé par le bruit tôt le matin.
Ça a doublé, voire triplé le charroi sur la route. Le bruit est effroyable. Avec l'état dégradé de la route, les camions font un vacarme lorsqu'ils rebondissent sur les bosses.
Pendant les deux heures de tournage sur place, nous n'avons croisé aucun camion de l'entreprise TRBA, responsable de la centrale. Mais dans le permis, leur nombre est estimé entre 40 et 45 par jour. Avec des conséquences que dénoncent certains habitants.
On a des fissures qui sont apparues ces dernières semaines, sur nos sols mais aussi nos murs. On est d'ailleurs en négociations avec nos assurances et le SPW pour obtenir une compensation parce que l'état de notre maison se dégrade vraiment.
Dinant négocie des compensations
Autre plainte des riverains : une enquête publique jugée trop courte, 15 jours seulement, et peu visible. Elle n'a d'ailleurs suscité aucune remarque. La commune, elle-même, n'a pas eu son mot à dire. Rien d'anormal, explique Richard Fournaux, bourgmestre de Dinant.
Le gouvernement wallon a décidé, sous cette législature, que pour une série de travaux d'infrastructure très importants, il allait limiter toute une série de procédures qui sont parfois extrêmement lourdes et qui retardent l'accomplissement des chantiers et des investissements. C'était le cas pour ce projet-ci.
La Ville a malgré tout entendu les plaintes des riverains. Et pour elle, cette centrale peut aussi représenter une opportunité.
Nous négocions pour le moment avec la société TRBA pour avoir une petite compensation pour la Ville, notamment dans le cadre des travaux de réparation ou de renouvellement de voirie sur le territoire de la ville de Dinant et dans nos villages qui en ont bien besoin.
Cette centrale restera sur place jusqu'en 2031, le temps de fournir en tarmac de nombreux chantiers du sud de la province de Namur. Cette implantation, bien que pénalisante pour certains riverains, permet aussi de limiter certains trajets : une partie des matières premières vient directement de la carrière, tandis que la centrale est rapprochée des chantiers à approvisionner.