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DOSSIER ELECTIONS 2024 | Déclin de la biodiversité : quelles sont les propositions des partis ?

publié le:14/05/2024 14:11:00 - mis à jour: 16/05/2024 16:07:45

DOSSIER ELECTIONS 2024 | Déclin de la biodiversité : quelles sont les propositions des partis ?

Photo d'illustration : Krysztof Niewolny (Unsplash)

Comment les partis comptent-ils enrayer la perte de biodiversité ? De l’Europe au niveau régional, on décrypte les propositions des partis.

Un million d'espèces menacées sur les 8 millions qu'abrite notre planète. Le chiffre avancé par l'ONU en 2019 a de quoi alarmer. Le changement climatique, la déforestation, l'urbanisation, la chasse, la surpêche, la pollution, l'introduction d'espèces dites invasives… la liste des causes de perte de la biodiversité est longue.

 

Certains citoyens, comme Patrick Lighezzolo, ont choisi de se battre. Par une série d'actions ou parfois d'inactions - comme arrêter de tondre sa pelouse - Patrick a créé un véritable petit paradis pour la biodiversité dans son jardin. Il y a recensé plus de 500 espèces différentes. 

 

 

Patrick Lighezzolo en est bien conscient : ce n'est pas à l'échelle individuelle qu'on parviendra à enrayer le déclin de la biodiversité. Les politiques doivent nécessairement s'emparer du problème : 

 

Le potentiel, il est là, il est même assez facile. Il suffit de s'entendre sur le chemin commun qui mène à garantir le bien commun, l'eau, l'air, la biodiversité, la nature sur un plus grand territoire. Car l'enjeu, il est là. L'enjeu n'est plus sur un petit jardin, il est à redéployer de la nature partout où on peut. 

La manière de protéger la nature ne fait pas consensus

 

Si tous les partis s'accordent pour dire qu'il faut protéger « la nature », dans les faits, la préservation de la biodiversité est loin de faire consensus. Au niveau européen, par exemple, la loi de restauration de la nature a provoqué un véritable psychodrame.

 

Celle-ci prévoit que les pays de l'Union européenne doivent restaurer au moins 30% des habitats en mauvais état d'ici 2030, 60% d'ici 2040 et 90% d'ici 2050. En février dernier, la loi est adoptée par le Parlement européen après bien des crispations. Le texte devait ensuite être adopté définitivement fin mars par le Conseil des ministres de l'Union européenne. A la dernière minute, le point est retiré de l'ordre du jour, le consensus entre les 27 n'étant pas là.

 

Si toutes les tendances s'accordent donc sur le principe, la mise en application et le degré de contrainte varient fortement d'un parti à l'autre - pas forcément selon un axe gauche/droite - et d'un pays à l'autre.

 

Les propositions des partis francophones

 

Trois partis – PS, Les Engagés et ECOLO – reprennent les chiffres de la stratégie européenne de la biodiversité pour 2030. Il s'agit d'octroyer une protection juridique à au moins 30 % des terres et 30 % des mers de l'Union européenne, dont 10% strictement protégés.

De son côté, le MR souhaite que les lois de conservation de la nature puissent évoluer vers une règlementation qui vise à augmenter notre capital naturel. Il plaide pour que l'on puisse valoriser, y compris financièrement, les pratiques qui augmentent le capital naturel plutôt que de contraindre aveuglément les acteurs sans égard pour les intérêts socioéconomiques.

Le PTB veut cesser immédiatement de construire dans les zones humides ou de grand intérêt écologique.

Enfin, DéFI souhaite créer un Fonds Nature qui aurait pour finalité de promouvoir les projets transversaux qui renforcent la biodiversité et serait financé par des activités utilisant la nature (chasse, pêche, kayak) bénéficiant de ses services (captage d'eau minérale, épuration des eaux usées, cadre de vie...) ou les endommageant (artificialisation des sols).

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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