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Droits des enfants dans les centres Fedasil: "Chaque enfant a une histoire différente qui est marquée par les violences"

publié le:23/11/2024 18:30:00 - mis à jour: 24/11/2024 16:22:04

Arriver dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile après avoir fui son pays ce n'est pas une situation enviable. Encore moins lorsqu'on est seul et que l'on est un enfant.

Cette semaine, à l'occasion de la semaine des Droits de l'enfant, notre invité est Bertrand Detal, le directeur adjoint du centre Fedasil de Pondrôme. Nous avons abordé la question de l'accueil des MENA, les mineurs non-accompagnés dans les centres Fedasil. 

Quel pourcentage représentent les mineurs dans les centres Fedasil ? 

Actuellement, on monte jusqu'à 40 % d'enfants de moins de 18 ans qui sont hébergés à Pondrôme.

Quelle est la proportion de jeunes qui arrivent seuls ? 

On a 85 moins de 18 ans, parmi lesquels on a anviron 20 MENA, mineurs étrangers non accompagnés. Ils n'ont pas de parents avec eux ou de représentants légaux.

Ces mineurs ont les mêmes droits que tous les jeunes du monde, notamment celui d'aller à l'école. Comment vous organisez ça au niveau du centre de Pondrôme ?

Cela s'organise avec une équipe pluridisciplinaire pour garantir tous ces droits. Par exemple, ici, au niveau de la scolarité, on a deux référents scolarité, deux personnes qui s'occupent de la scolarité pour assurer le lien entre l'école et les parents ou directement entre l'école et le jeune. A côté de ça, on ajoute des bénévoles qui organisent une école de devoirs après les heures d'école, ça passe par un accompagnement social, psychologique, médical. C'est vraiment une équipe multidisciplinaire qui se mobilise pour garantir tous ces droits.

C'est difficile de recréer une bulle d'enfance dans les conditions qui sont les vôtres ?

Oui et non. On a des éducateurs pour préparer les MENA et aussi prévoir des animations. L'important, c'est de pouvoir leur proposer des loisirs, de proposer des activités, mais aussi de pouvoir les laisser jouer entre eux et donc vraiment être en quelque sorte des facilitateurs de toute cette normalité que devrait être la vie d'un enfant.

Quels sont les freins à l'épanouissement des enfants ?

La langue pour les jeunes qui arrivent, c'est plus problématique évidemment. Chaque enfant a une histoire, a un passé, des raisons pour lesquelles il a quitté son pays, parfois un trajet migratoire qui est très lourd, qui est marqué par des violences. C'est vraiment quelque chose qui pèse dans la construction de chaque enfant. On a aussi la procédure de demande d'asile qui est toujours trop longue.

Cette vie sur pause est difficile à vivre pour ces familles ? Ne pas savoir de quoi demain ou après demain sera fait ?

Toute la difficulté c'est de se préparer, apprendre tout en étant dans l'incertitude.  On essaye de leur donner un maximum d'outils, mais du jour au lendemain, la décision, ça peut être OK, ça peut être vous retournez dans votre pays, ou alors d'autres font le choix de vivre dans l'illégalité à Bruxelles. Et là, en termes de respect des droits des enfants, on sait qu'on atteint plus du tout les objectifs.

Avec Fedasil, on est en charge de l'accueil avec un accompagnement social, médical, scolaire à tous les niveaux, mais on a aucune prise sur la décision. 

Dernière question comment on vit humainement ça en tant que travailleur dans un centre Fedasil ? Comment vous vivez ça ?

Je pense qu'on a eu un bel extrait ici avec Julie Parizel, professeur à l'Athénée. On ne peut pas le vivre avec de la froideur. Fatalement, ça nous touche. Maintenant, il faut rester professionnel, et arriver tout de même à faire la part des choses et à s'en détacher. C'est un métier qu'on fait avec du cœur, sinon, je ne pense pas qu'on puisse tenir.

François Ladouce, Journaliste
francois.ladouce@matele.be

 
 
 

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