Rencontre

Une Cinacienne contrainte de mettre fin à son Erasmus à Saint-Pétersbourg

publié le:03/03/2022 13:21:00 - mis à jour: 10/03/2022 10:17:52

Partie pour 5 mois à Saint-Pétersbourg, en Russie pour son Erasmus, Elodie Nagant n'y aura finalement passé que 3 semaines.

Elodie Nagant, 21 ans, de Ciney, est étudiante en langues slaves. Étant en 3ème année de bac, elle suivait un Erasmus en Russie, à St Petersbourg. La guerre en Ukraine a précipité son retour. Ce sont ses parents qui l'ont prévenue. 

C'était le jeudi matin, quand la Russie a envahi l'Ukraine. Moi, je dormais encore et j'ai reçu un message de mes parents. Ils m'ont dit de faire attention. Dans ma tête, je pensais que tant qu'on ne m'obligeait pas à rentrer, je resterais. Avant que la décision officielle soit prise par l'université de nous faire rentrer, on a commencé à faire les démarches pour rentrer. La décision officielle a été une sorte de soulagement. Je sais que je n'aurai pas de regret d'avoir pris cette décision. Nous savions que c'était quasi inévitable. Mais c'était une décision très difficile à prendre.  

Finalement, le voyage a duré 3 jours: le taxi vers la frontière, le train jusqu'à Tallinn et puis l'avion, pour Bruxelles.

Comme beaucoup de gens voulaient quitter la Russie, il n'y avait pas beaucoup de places disponibles. Les bus vers la Finlande étaient pris d'assaut. Le principal était de quitter la Russie. C'est seulement après notre arrivée à Tallinn qu'on s'est occupé de notre billet d'avion. 

Pendant ce temps-là, les contacts avec ses parents étaient techniquement compliqués. 

Des sanctions avaient été prises de blocage des réseaux sociaux, donc on a eu du mal à communiquer, que ce soit par Facebook ou par Whatsapp. Les messages étaient très lents à arriver. On savait aussi que des sanctions économiques allaient être prises, du coup, tout le monde allait retirer de l'argent dans les banques craignant que le système de carte ne soit bloqué. 

Elodie est très très déçue. Elodie voulait absolument vivre cette expérience, malgré le contexte très incertain du début d'année.

Tout ce que je voulais, c'est qu'il n'y ait rien avant que je parte. En arrivant là-bas, j'étais soulagée. Je me disais: "J'y suis et pour cinq mois". Je ne sais pas ce qui m'aurait déçue le plus: ne pas partir du tout ou rester trois semaines, alors que c'était prévu pour cinq mois. 

Isabelle Martiat Journaliste
isabelle.martiat@matele.be

 

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