Santé

ex cathedra | Drogues et addictions : un panorama des usages en zone rurale

publié le:22/04/2026 11:48:00 - mis à jour: 15/09/2026 14:17:52

Image d'illustration : Ksenia Yakovleva (Unsplash)

Quatre professionnels, Christophe Decerf, Justine Liégeois, Jean-Philippe Gilain et Isabelle Panier, présentent une conférence sur les usages des drogues.

L'Inspecteur principal Christophe Decerf de la zone de police Houille-Semois et Justine Liégeois, l'assistante sociale du Service d'assistance aux victimes dans cette même zone de police ainsi deux représentants l'asbl beaurinoise « L'autre Sens », spécialisée dans la prévention et le soin des assuétudes, Jean-Philippe Gilain, le responsable de l'asbl et Isabelle Panier, psychologue, se succèdent au micro pour un panorama complet sur l'usage des drogues, des types de consommation jusqu'au cadre légal.

En zones rurales aussi

Contrairement aux idées reçues, les zones rurales ne sont pas épargnées : « Des problèmes de drogue, il y en a partout », affirme Christophe Decerf. En 2025, la zone de police Houille-Semois a traité de nombreux dossiers de vente et de détention, notamment liés à la culture de cannabis et à la circulation de produits dangereux comme la kétamine ou le GHB.

Drogues "dures" ou "douces" ?

Pour les conférenciers, le vocabulaire courant est trompeur. Les professionnels préfèrent parler d'usages durs ou doux plutôt que de drogues dures ou douces, car c'est la manière de consommer qui détermine la dangerosité, pas uniquement le produit lui-même.

On distingue quatre types d'usage : l'usage exploratoire concerne surtout les adolescents et jeunes adultes en quête de sensations nouvelles. L'usage occasionnel est lié à des circonstances précises : fêtes, mariages, fins d'examens. L'usage régulier s'installe dans le temps, d'une à plusieurs fois par semaine. Enfin, l'usage problématique ou abusif occupe une grande partie de la vie de la personne et génère des dommages physiques, psychologiques et sociaux.

Attention, ces catégories ne forment pas un escalier inévitable, explique Jean-Philippe Gilain :

Ce n'est pas en escalade, ce n'est pas comme si on montait un escalier. C'est davantage des va et vient, des allers et retour qu'une personne peut faire.

Une personne peut par exemple passer d'un usage occasionnel à un usage problématique en raison de circonstances de vie, puis, en prenant conscience de la situation, revenir à un usage occasionnel ou même choisir l'abstinence.

Cadre légal

En Belgique, la loi du 24 février 1921 « concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, psychotropes, désinfectantes ou antiseptiques » encadre toujours le trafic des stupéfiants, elle a évidemment fait l'objet de réformes importantes depuis sa parution il y a plus de 100 ans.

Les conséquences pénales peuvent aller de l'amende à la prison, en passant par le bracelet électronique ou la perte d'allocations sociales en cas de trafic.

S'orienter dans le paysage des soins

Outre l'aspect répressif, le système belge propose un large éventail de structures d'aide : d'un côté, on a les services "bas seuil" (maisons médicales, services ambulatoires comme L'Autre Sens, dispositifs mobiles à domicile) ; de l'autre, les structures "haut seuil" où l'abstinence est généralement requise comme les centres de cure, hôpitaux, communautés thérapeutiques (de 6 mois à 2 ans) ou centres de postcure. Les groupes d'entraide, comme les Alcooliques Anonymes ou les Narcotiques Anonymes, complètent ce dispositif.

A l'asbl « L'Autre Sens » de Beauraing, par exemple, on propose plusieurs modalités de suivi: entretiens individuels, ateliers collectifs, accompagnement des proches et du couple. La flexibilité est au cœur de l'approche : un patient peut combiner plusieurs types de suivi, les suspendre, puis les reprendre. L'abstinence n'est pas une condition d'entrée : le principe de réduction des risques guide l'accueil dit "bas seuil" : «On accepte que la consommation existe et il n'y a pas une obligation d'arrêter pour être aidé.»


Pour toute demande d'information ou d'accompagnement, L'Autre Sens est joignable au 0473/82.19.67 ou à l'adresse service.prevention.beauraing@gmail.com


Conférence enregistrée au Centre culturel de Bièvre, le 26 mars 2026

Production : Plan de cohésion sociale de Bièvre

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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