Santé

ex cathedra | Alzheimer, démence, pertes de mémoire : comprendre pour mieux agir

publié le:26/03/2026 15:25:00 - mis à jour: 26/03/2026 15:44:05

La Docteure Céline Parmentier, neurologue, présente une conférence sur les troubles de la mémoire.

La mémoire est bien plus qu'un simple « disque dur » : c'est une fonction cérébrale complexe qui permet d'encoder, de stocker et de restituer des informations, des expériences ou des émotions, explique la docteure Céline Parmentier, neurologue au CHR de Namur. 

 

Pas une mémoire, mais plusieurs

 

Il n'existe pas une mémoire, mais plusieurs. La mémoire épisodique, celle des souvenirs personnels, est la plus fragile et la plus sensible au vieillissement. C'est aussi la première touchée dans la maladie d'Alzheimer : les faits récents s'effacent tandis que les souvenirs anciens sont préservés. 

 

La mémoire sémantique rassemble nos connaissances générales sur le monde ; elle est plus robuste et peut même s'enrichir avec l'âge. La mémoire procédurale (savoir conduire, faire du vélo) et la mémoire de travail — celle qui permet de retenir un numéro de téléphone le temps de le composer — complètent ce tableau.

 

Vieillissement et démence, ce n'est pas pareil

 

Vieillir n'est pas synonyme de démence. Céline Parmentier insiste sur cette distinction essentielle : un déclin mémoriel modéré est normal avec l'âge et ne compromet pas l'autonomie. 

 

En revanche, la démence se caractérise par un déclin fonctionnel, c'est-à-dire un changement notable par rapport à un état antérieur, que l'entourage est souvent le premier à percevoir. Parmi les signaux d'alerte, on pointera : oublier répétitivement des événements récents, se perdre dans des endroits familiers, poser sans cesse les mêmes questions ou rencontrer des difficultés dans les actes courants de la vie.

 

Alzheimer, première cause de démence

 

La maladie d'Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence. Aucun traitement curatif n'existe à ce jour. Les médicaments disponibles ont un effet que la neurologue qualifie de « tout à fait modeste » : ils peuvent améliorer légèrement la cognition et la participation aux conversations, mais ne font pas de miracles, et 30 à 50 % des patients n'y répondent pas.


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Au-delà des médicaments, la prise en charge passe aussi par le soutien aux aidants proches, souvent épuisés, et par un accompagnement à domicile : aides familiales, infirmières, livraison de repas, séjours de répit en maison de repos, ou encore le recours à des associations comme la Ligue Alzheimer Belgique.

 

Des pistes de prévention

 

On peut agir sur certains facteurs de risque. La docteure Parmentier liste plusieurs habitudes protectrices : pratiquer une activité physique régulière (au moins 30 minutes par jour de marche ou de jardinage), stimuler son cerveau via la lecture, un instrument de musique ou l'apprentissage d'une nouvelle langue, maintenir des liens sociaux et contrôler les facteurs de risque cardiovasculaires : hypertension, diabète, cholestérol, tabac et consommation excessive d'alcool.

 

Conférence enregistrée au Centre culturel de Beauraing, le 12 mars 2026

Production : Maison médicale de Beauraing

 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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