Plus de plan « Habitat Permanent » pour les trois parcs résidentiels d’Yvoir. Ce plan HP favorisait le droit au logement pour tous, par l’intermédiaire d’aides au relogement et au déménagement.
Sur les hauteurs mosanes à Yvoir, s'étend « La Gayolle », le plus grand parc résidentiel de la commune. À l'origine, c'était une zone de loisirs destinée aux vacanciers. Aujourd'hui, plus de 300 personnes vivent de manière permanente dans un chalet, une caravane ou encore une tiny house. C'est presque devenu un village à part entière, comme le confirme Marcelle Lejeune, résidente depuis de nombreuses années :
Il y a même plus d'habitants ici que dans certains villages. Avant, le parc grouillait de monde uniquement pendant les vacances mais il n'y avait personne le reste de l'année. Dorénavant, il y a tout le temps quelqu'un. Cela veut aussi dire que les infrastructures doivent fonctionner en permanence.
Étienne Desfresne connaît le dossier comme sa poche. L'ancien bourgmestre d'Yvoir est aujourd'hui l'échevin en charge du plan "habitat permanent".
Certaines personnes ont choisi de vivre dans ce parc résidentiel et elles y sont très heureuses. Elles ont de magnifiques chalets dans des propriétés très bien entretenues. D'autres personnes résident ici par nécessité, parce que financièrement elles n'ont pas le choix. Elles n'ont pas les ressources nécessaires pour vivre dans de l'habitat traditionnel.
Étienne Desfresne soulève ensuite un autre problème. La population du village s'accroît chaque année et les infrastructures ne suivent pas la cadence.
Que ce soit en matière d'électricité, de distribution d'eau ou d'égouttage, les infrastructures ne sont plus adaptées à la population actuelle.
16 familles en 10 ans
Depuis dix ans, à Yvoir, le plan « habitat permanent », favorise le droit au logement pour tous. Il permet notamment d'obtenir des aides pour le relogement et le déménagement. La commune est par exemple devenue propriétaire de certaines parcelles pour améliorer le cadre de vie des habitants. Une antenne sociale est également présente sur place développe l'ancien bourgmestre yvoirien.
En achetant des parcelles sans les utiliser, on diminue la densité de population et on donne un peu d'air au parc. Dans un deuxième temps, on aide les personnes qui souhaitent intégrer le réseau locatif traditionnel à quitter un habitat insalubre ou vieillot pour retrouver un logement plus confortable.
En réalité, le plan HP n'a pas eu l'effet escompté. Seules quinze familles ont quitté le parc résidentiel de « La Gayolle » pour un autre logement.
Ce n'est pas très rentable, surtout que nous avons une personne qui travaille ici à temps plein. Ce ne sont pas des aides au déménagement dont ils ont besoin dans ces parcs. La Région wallonne doit leur apporter de l'aide au niveau des infrastructures. Jusqu'à présent, cela tient. Mais si le nombre d'habitants permanents continue d'augmenter, le réseau va finir par lâcher.
Marcelle Lejeune abonde dans le même sens et comprend la décision de la commune :
Il y en a qui n'ont pas envie de partir. Il y en a qui partent dix fois et reviennent autant de fois. Il faut améliorer le réseau, c'est certain.
À partir de 2023, seul le CPAS prendra en charge l'accompagnement des résidents qui ont besoin d'une aide sociale.