En période de grand froid, les risques d’incendie augmentent dans les habitations. Un entretien insuffisant ou de mauvaises pratiques peuvent suffire à déclencher un sinistre.
Et avec l'arrivée du froid, les systèmes de chauffage tournent à plein régime. Poêles à bois, chauffages d'appoint, autant d'équipements qui, mal utilisés ou mal entretenus, peuvent provoquer des incendies domestiques. Ce week-end, plusieurs sinistres ont été recensés dans l'arrondissement. Pour comprendre les risques et rappeler les bons réflexes à adopter en ce début de période hivernale, nous avons interrogé Patrice Liétart.
Est-ce qu'on peut dire que les incendies survenus ce week-end dans l'arrondissement sont typiques des incendies qu'on rencontre en début d'hiver ?
Patrice Liétart : Dans un premier temps, je tenais à remercier l'ensemble du personnel de notre zone, volontaires et professionnels, qui ont répondu présent durant les 10 derniers jours, période très intense. En effet, on peut maintenant établir une corrélation entre cette vague de froid et cette multiplication de sinistres, que ce soit des feux de cheminée ou des incendies avec sinistre total du bâtiment.
C'est quoi un feu de cheminée ? Comment est-ce que ça se crée ?
Patrice Liétart : Un feu de cheminée, c'est la conjonction d'éléments qui ne sont pas maîtrisés : un corps de chauffe qui n'est pas bien entretenu, une cheminée qui n'est pas bien ramonée, des bois de chauffage qui ne sont pas vraiment compatibles etc. Si on brûle des châssis, des bois vernis, des palettes, par exemple, on va se retrouver avec un feu de cheminée de manière relativement rapide.
Les feux de cheminée, c'est quelque chose qu'on retrouve beaucoup dans notre arrondissement, dû à l'utilisation des poêles à bois ?
Patrice Liétart: Oui. L'arrondissement de Dinant-Philippeville est une zone dite rurale où l'emploi de corps de chauffe à base de bois est encore très courant. Si on va dans le nord de notre zone, on en rencontre un peu moins, et dans le nord de la province, beaucoup moins.
Comment est-ce qu'on anticipe tout ça ?
Patrice Liétart : Entretenez votre corps de chauffe en respectant les prescriptions du constructeur. Ramonez votre cheminée régulièrement, une voire deux fois par an si vous l'utilisez de manière intensive. Chauffez avec du bois bien sec, privilégiez les essences dures comme le hêtre et le chêne. Dans un feu de cheminée, les éléments constitutifs de la cheminée vont monter à plusieurs centaines de degrés. Si ces derniers sont en contact avec des éléments de construction, tels qu'une poutre, un chevron, du parquet, un élément de toiture, ces éléments constitutifs de cheminée vont, par conduction, bouter le feu aux éléments structurels du bâtiment.
Dans les éléments de prévention, on notera toujours, quelle que soit la période de l'année, les détecteurs.
Patrice Liétart : Le détecteur incendie, c'est une obligation légale. En région wallonne, on est sur un détecteur par niveau de minimum 80 m². En cas de sinistre, faites les choses dans l'ordre : vous évacuez votre bâtiment, vous appelez le 112, et éventuellement, si vous avez des moyens d'extinction, vous retournez dans le bâtiment pour combattre ce début d'incendie. Mais surtout, privilégiez l'évacuation et l'appel au 112.